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Maïs au plus bas, légumes détruits, lait en chute, l’été bouleverse les fermes françaises

Les épisodes de canicule et une sécheresse historique ont mis le monde agricole sous pression. Le gouvernement promet des aides d’urgence, mais les pertes…

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Maïs au plus bas, légumes détruits, lait en chute, l'été bouleverse les fermes françaises

Les épisodes de canicule et une sécheresse historique ont mis le monde agricole sous pression. Le gouvernement promet des aides d’urgence, mais les pertes se chiffrent déjà en millions d’euros.

Cet été restera gravé dans les mémoires des agriculteurs français. Les vagues de chaleur successives et un déficit en eau sans précédent ont frappé les cultures et les élevages de plein fouet. Le gouvernement a dévoilé un plan d’ensemble pour venir en aide aux exploitations en difficulté, avec des mesures immédiates pour éviter les faillites et faciliter l’accès à l’eau. Mais le ministère de l’Agriculture prévient qu’il faudra attendre la fin du mois d’août pour évaluer avec précision l’ampleur des dégâts et ajuster les compensations.

Du côté des légumes, la situation est critique. Dès la mi-juillet, les producteurs ont donné l’alerte, notamment dans l’Ouest. Les cultures de plein champ qui ne sont pas irriguées ont beaucoup souffert en Bretagne, dans les Pays-de-la-Loire et sur toute la façade atlantique. La première vague de chaleur en juin a anéanti des hectares entiers. Les salades et les carottes replantées ensuite n’ont pas résisté au deuxième épisode caniculaire de juillet. Les réserves d’eau pour l’irrigation sont épuisées, ce qui bloque toute nouvelle plantation. Même les serres ne suffisent plus à protéger les tomates, avec des volumes en nette baisse. Dès le début du mois d’août, des tensions se font sentir sur les salades, les jeunes pousses et les radis venant du bassin nantais. Les prix grimpent, et la laitue peut coûter deux fois plus cher. Seules les plantations irriguées réalisées en juin et début juillet arrivent encore dans les assiettes.

En Bretagne, région leader pour ces productions, les dégâts sont massifs. Selon Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France, la totalité des brocolis et des artichauts non irrigués sont détruits, de même que la plupart des jeunes plants de choux-fleurs. Cela aura des répercussions sur les étals dès l’automne, car la période pour replanter ces légumes est réduite. Les grosses coopératives ont dû renvoyer des saisonniers et mettre une partie de leurs salariés au chômage technique dans les lignes de conditionnement. Les pertes atteignent des dizaines de millions d’euros pour les plus grandes structures. À l’échelle d’une exploitation, mettre en place un hectare peut coûter entre 15 000 et 25 000 euros, souligne Cyril Pogu. Pour Daniel Sauvaître, président de l’interprofession des fruits et légumes, il ne s’agit pas d’une pénurie mais de tensions, car la France importe beaucoup. Côté fruits, le tableau est plus contrasté. Les melons ont perdu en qualité mais ont finalement rejoint les étals.

Le maïs, lui, subit de plein fouet la chaleur. Il est entré en floraison pendant la deuxième vague de canicule à la mi-juillet. Le pollen a grillé, et les épis n’arrivent pas à se remplir. La production attendue chute de 35 %, à 9 millions de tonnes, ce qui serait le niveau le plus faible depuis 1980. Les surfaces cultivées ont diminué et les rendements sont plombés par les températures extrêmes. Le blé, qui a été récolté très tôt cette année, a mieux résisté à la chaleur, mais sa récolte baisse tout de même de 4,3 %, à 31,9 millions de tonnes. Les prairies utilisées pour le pâturage et le fourrage poussent presque plus depuis fin mai. Leur croissance cumulée est inférieure de 30 % à la moyenne des trente dernières années. Côté vignes, la situation varie selon les régions. Certaines vendanges commencent très tôt, d’autres attendent encore la maturation du raisin, mais la qualité devrait être au rendez-vous.

Les animaux souffrent aussi. Le premier épisode de canicule a lourdement frappé les volailles dans l’Ouest. Lors de la vague de chaleur de juin, entre 2 et 3 millions d’animaux sont morts, soit environ 1 % de la production annuelle. Les services d’équarrissage ont eu du mal à traiter tous les cadavres. En 2003, 4 à 5 millions de volailles avaient succombé lors de la canicule historique, un choc qui avait poussé les éleveurs à mieux se préparer. Les bovins et les porcs sont moins exposés au risque de mortalité, mais la production laitière chute fortement par temps chaud, avec des pertes pouvant atteindre 30 %. Dès le mois de mai, la collecte de lait a baissé de 1,1 %, mettant fin à un an de hausse continue. Les éleveurs s’inquiètent de cette baisse persistante. Les pâturages brûlés les obligent à puiser dans le foin prévu pour l’hiver, ce qui dégrade la qualité du lait et des fromages.

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé un plan global avec des mesures d’urgence pour soutenir les exploitations menacées et faciliter l’accès à l’eau. Mais les aides concrètes dépendront d’une évaluation précise des pertes, qui ne sera possible qu’à la fin du mois d’août. D’ici là, les agriculteurs sont nombreux à retenir leur souffle, entre inquiétude pour leurs revenus et espoir que la météo se calme enfin.

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