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Lecornu relance la piste d’un compromis budgétaire avec les socialistes

Le Premier ministre a écrit aux députés et sénateurs socialistes pour leur proposer une rencontre et bâtir un accord sur le budget 2027, sur le modèle de…

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Lecornu relance la piste d'un compromis budgétaire avec les socialistes

Le Premier ministre a écrit aux députés et sénateurs socialistes pour leur proposer une rencontre et bâtir un accord sur le budget 2027, sur le modèle de celui noué l’an dernier. Il jure dans le même temps que le gouvernement ne s’invitera pas dans la campagne présidentielle.

Dans un courrier adressé au groupe socialiste, le chef du gouvernement propose de se voir prochainement afin d’engager le travail. Son raisonnement tient en une phrase simple. L’accord de 2026 a tenu parce que chacun a accepté de faire un pas. Il se dit prêt à reprendre la même démarche, avec la même franchise et la même envie d’arriver au bout.

Le calendrier n’a rien d’anodin. Plusieurs responsables socialistes sont engagés dans la course à l’Elysée, et la tentation de se démarquer sur le budget est réelle. Lecornu prend les devants. Le gouvernement, promet-il, ne se mêlera pas de la campagne présidentielle, et le désaccord n’empêche pas d’agir ensemble quand l’intérêt du pays le commande. Sa volonté de compromis s’est déjà traduite dans le budget 2026, elle reste entière pour 2027, insiste-t-il.

Le fond du dossier, c’est la dette. Le Premier ministre veut réduire le déficit alors que les taux d’intérêt grimpent et font planer la menace d’une crise financière. Il dit partager avec les socialistes une conviction. Le poids croissant des intérêts de la dette grignote les moyens disponibles pour l’école, l’hôpital ou l’investissement. D’où son appel à tout mettre sur la table, en cherchant les solutions qui préservent l’équilibre financier d’ensemble et répartissent l’effort avec justice.

Il pose aussi un avertissement. Les socialistes doivent mesurer ce qu’impliquerait une absence de budget en cas de censure. Les Français seraient alors exposés, selon lui, à l’austérité la plus dure. Et ce blocage pourrait se prolonger bien au-delà de la présidentielle, qui devrait elle-même être suivie d’élections législatives.

En échange de ce dialogue, plusieurs chantiers pourraient avancer. L’hydroélectricité, la protection de l’enfance, l’indemnisation des victimes du chlordécone. Lecornu dit aussi vouloir faire aboutir la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, premier texte examiné à l’Assemblée nationale avant le budget. Il compte sur les socialistes pour enrichir le plan de soutien au monde agricole touché par la sécheresse de l’été, ou pour amender celui consacré au logement des sinistrés des incendies.

Rappel des épisodes précédents. Le locataire de Matignon avait déjà lâché plusieurs mesures aux socialistes dans le budget 2026, dont la suspension, très symbolique, de la réforme des retraites. Le budget de la Sécurité sociale avait fini par être voté. Celui de l’Etat avait été adopté sans vote, grâce à l’article 49.3 de la Constitution. Mais c’est bien l’accord noué avec le Parti socialiste qui avait permis au gouvernement d’échapper à la censure.

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