Politique
Édouard Philippe redoute un duel Le Pen-Mélenchon qui figerait le pays
Le candidat Horizons prévient qu’une présidentielle réduite à un face-à-face entre les deux extrêmes laisserait la France bloquée pour longtemps. À La…

Le candidat Horizons prévient qu’une présidentielle réduite à un face-à-face entre les deux extrêmes laisserait la France bloquée pour longtemps. À La Ciotat, il a aussi chargé le programme de Jean-Luc Mélenchon, jugé communautariste et tenté par l’économie administrée.
Devant un public réuni à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, Édouard Philippe a posé son diagnostic sur la campagne présidentielle en cours. Elle se résume selon lui à « une polarisation progressive » entre « la candidate de la droite extrême et les candidats de la gauche radicale ». Un mouvement qui, toujours selon lui, contraint tout ce qui se trouve au centre à se ranger dans un camp, sommé de choisir « entre l’ordre et le chaos ». Le candidat Horizons ne s’en tient pas à cette description. Il en tire une conséquence qu’il présente comme un avertissement.
Car si le pays en arrivait réellement à devoir trancher entre Marine Le Pen et la gauche radicale, le résultat ne se limiterait pas à une élection. « Une France dans laquelle il faudrait choisir entre la droite extrême et la gauche radicale, c’est une France dans laquelle on aurait les deux et durablement », a-t-il lancé. Autrement dit, les deux forces s’installeraient ensemble dans le paysage politique, chacune nourrissant l’autre. Et il voit entre le Rassemblement national et La France insoumise « beaucoup de points communs », à commencer par « une détestation de la construction européenne » et la volonté de « sortir de l’Otan ».
L’ancien Premier ministre a ensuite visé directement Jean-Luc Mélenchon, qui présentait son programme le même jour. Il lui reproche de tenir « des positions qui reposent sur une vision communautariste des choses », là où lui dit croire « profondément à l’universalisme républicain ». « Je ne sais pas si j’ai envie d’une nouvelle France » dans ces conditions, a-t-il ajouté. En creux, c’est une conception de la citoyenneté qui s’oppose à celle du candidat insoumis, et Philippe assume le clivage.
Il a d’ailleurs profité de la tribune pour revenir sur une polémique qui le concernait, après avoir parlé de « Français issus de l’immigration » à propos des casseurs en marge des manifestations du 17 octobre. « Ce sont des Français », a-t-il insisté, avant de rappeler que « nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, quelles que soient nos origines, la couleur de notre peau, la religion que nous souhaitons embrasser ou que nous ne souhaitons pas embrasser ». Et il renvoie la critique dans le camp d’en face. À ses yeux, ce n’est ni lui, ni la droite, ni le centre qui ont introduit le concept de « racisé » dans le débat public, mais l’extrême gauche. Une manière de retourner l’accusation, en interrogeant à son tour la place de l’universalisme républicain chez ses adversaires, et en leur reprochant d’avoir joué avec des mots et des concepts qui relèvent, selon lui, de l’antisémitisme.
Reste le volet économique. Jean-Luc Mélenchon s’inscrit, toujours selon Édouard Philippe, dans la perspective d’une « économie administrée ». Il en donne une image volontairement parlante, sans détour, sur le transfert de patrimoine et de dettes d’une génération à l’autre. Un résumé qui résume sa campagne et sa cible, à quelques semaines d’un scrutin où chacun cherche à occuper le centre de gravité.
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