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Édouard Philippe trace sa route loin des primaires

À La Ciotat, environ 300 personnes ont écouté Édouard Philippe défendre une campagne sans primaire et sans débat avec ses rivaux. Le candidat Horizons…

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Édouard Philippe trace sa route loin des primaires

À La Ciotat, environ 300 personnes ont écouté Édouard Philippe défendre une campagne sans primaire et sans débat avec ses rivaux. Le candidat Horizons veut rassembler la droite et le centre, tout en traçant une ligne nette face à Gabriel Attal, David Lisnard et Jean-Luc Mélenchon.

À La Ciotat, environ 300 personnes ont rempli la salle Paul Éluard pour entendre Édouard Philippe. Le candidat Horizons à la présidentielle y a défendu sa méthode, faite de réunions publiques de petit format et d’échanges directs avec la salle. Dès la première question, un participant l’interpelle sur son refus de la primaire. Sa réponse tient en une formule, « laissons la campagne prospérer ». Il veut multiplier ces rendez-vous dans toutes les régions jusqu’à la fin de l’année, avec des étapes prévues à Chartres, Toulouse et Rillieux-la-Pape.

Cette stratégie se comprend aussi à la lumière de sa position dans les sondages. L’ancien Premier ministre est en baisse sensible. Il refuse la primaire réclamée par David Lisnard, reprise par Renaissance et désormais défendue par Bruno Retailleau chez Les Républicains. Pour lui, il s’agirait d’une « opération de division ». Il ne veut pas non plus débattre avec ses concurrents. Et si en février il estime n’avoir aucune chance, il n’ajoutera « pas une candidature en plus ». Il aimerait que les autres prennent le même engagement.

Dans la salle, il insiste sur la responsabilité des responsables politiques. Personne, selon lui, ne voudra interdire à la droite et au centre d’être au second tour. Les Français, ajoute-t-il, se tourneront moins vers le candidat avec lequel ils sont le plus d’accord que vers celui qui leur paraît le mieux placé pour se qualifier. Il réaffirme surtout son espace politique. Il ne veut pas seulement la droite. Il ne veut pas la droite et la gauche. Il veut rassembler la droite et le centre. Et il refuse clairement l’extrême droite. « Jamais », dit-il. Le message vise Gabriel Attal, qui veut « continuer le macronisme », et David Lisnard, dont la position face au RN et à ses satellites est jugée ambiguë.

Édouard Philippe décline ensuite ses priorités. Rétablir « l’ordre dans la rue » et « l’ordre dans les comptes », réformer la justice, qu’il présente comme le « maillon faible de la chaîne pénale », « sauver notre système éducatif » et « transformer le financement de notre modèle social ». Face à Jean-Luc Mélenchon, qui le devance désormais dans les sondages et présente son programme, il attaque une « vision communautariste » et des projets d’« économie administrée ». Une jeune femme lui demande quoi répondre à ceux qui voient dans une présidence Philippe « une pâle reproduction des mandats Macron ». Il répond simplement, « je ne suis pas le même ». Il défend son bilan à Matignon et regrette que « la promesse initiale » du président Macron se soit « perdue dans les limbes ».

Avant la réunion, il a arpenté la ville avec des élus de droite de la région, dont le maire Alexandre Doriol, Christian Estrosi et Romain Simmarano. Ce dernier, chef de file de l’opposition municipale à Marseille, rejoint sa campagne et ne reprendra pas sa carte à Renaissance. La journée montre aussi les tensions qui l’entourent. Alors qu’il s’exprime devant la presse, un cycliste lui lance un « raciste » sonore. Son évocation d’une « surreprésentation » de la jeunesse « issue de l’immigration » dans les pillages a laissé des traces. En réunion, il assure que « ce sont des Français » avec « les mêmes droits et les mêmes devoirs ». Il s’en prend à Jean-Luc Mélenchon, à qui il reproche d’avoir réintroduit dans le débat public le concept de « racisé » et d’avoir joué sur des mots et des concepts qui relèvent selon lui de l’« antisémitisme ».

Cette manière de cibler ses adversaires tout en ignorant ses concurrents résume l’exercice. À La Ciotat, Édouard Philippe a voulu montrer qu’il trace sa propre ligne, entre refus des primaires, appel au rassemblement de la droite et du centre et critique du macronisme d’origine. Reste à voir si cette méthode convaincra les électeurs.

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