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À Choucha, Erdogan et Aliev affichent leur alliance après les frictions

Recep Tayyip Erdogan et Ilham Aliev ont voulu montrer leur volonté de rester soudés lors d’une visite à Choucha. Leur démonstration d’unité arrive après…

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À Choucha, Erdogan et Aliev affichent leur alliance après les frictions

Recep Tayyip Erdogan et Ilham Aliev ont voulu montrer leur volonté de rester soudés lors d’une visite à Choucha. Leur démonstration d’unité arrive après une série de tensions, dont la question du voile dans les écoles azerbaïdjanaises.

La scène se veut claire. À Choucha, ville reconquise en novembre 2020 par l’armée azerbaïdjanaise avec l’appui militaire turc, Recep Tayyip Erdogan a célébré la victoire aux côtés d’Ilham Aliev. Le président turc a parlé d’une unité des cœurs entre les deux pays, ancrée dans un passé commun et tournée vers l’avenir. Il a assuré que, avec la permission de Dieu tout-puissant, cette unité durerait toujours.

Derrière l’affichage, les derniers mois ont été moins lisses. L’Azerbaïdjan, ex-république soviétique majoritairement chiite, est l’un des États les plus laïques du monde musulman, tandis que la Turquie mène une politique ouvertement islamo-conservatrice. Bakou a adopté en septembre de nouvelles règles sur les uniformes scolaires, destinées à écarter les signes jugés incompatibles avec la laïcité. Le texte ne cite pas le voile, mais des jeunes filles portant le hijab auraient été refusées à l’entrée d’établissements, ce qui a provoqué des manifestations. En Turquie, l’AKP au pouvoir a réclamé un retour en arrière et Oktay Saral, conseiller d’Erdogan, a critiqué la mesure. Bakou a dénoncé une ingérence et déclaré persona non grata 31 citoyens turcs pour leurs commentaires sur les réseaux sociaux. Erdogan a limogé Saral, tandis qu’Aliev a boudé le sommet des dirigeants turciques à Ankara le 30 octobre, envoyant son ministre des Affaires étrangères à sa place.

Le désaccord sur la place de la religion dans l’espace public n’est pas le seul. Des analystes estiment que Bakou refuse d’être vu comme le petit frère d’Ankara et insiste sur une relation entre partenaires égaux. D’autres points frottent, comme la souveraineté azerbaïdjanaise, l’influence turque à Bakou, les liens solides entre l’Azerbaïdjan et Israël ou le rapprochement de la Turquie avec l’Arménie. La Turquie, de plus en plus hostile à Israël depuis la guerre à Gaza, regarde ces liens azerbaïdjanais avec irritation. Bakou, lui, a reçu des armes israéliennes lors de sa guerre de 2020 contre l’Arménie et les séparatistes.

Malgré ces frictions, les deux voisins restent étroitement liés sur les plans militaire et énergétique. Leurs langues sont très proches et leur relation se résume souvent par la formule une nation, deux États. La Turquie constitue une route de transit essentielle pour le pétrole et le gaz azerbaïdjanais vers les marchés occidentaux. À Choucha, Aliev a insisté sur une alliance qui couvre une vaste zone géographique et a affirmé que, ensemble, l’Azerbaïdjan et la Turquie sont encore plus forts. Il a aussi présenté la visite d’Erdogan comme un signal d’unité adressé au monde entier.

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