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HugoDécrypte fait entrer soixante ans de présidents dans la case BD

Dix ans après ses premières vidéos, le média d’Hugo Travers publie un album où un trentenaire curieux interroge De Gaulle, Macron et les autres. Objectif…

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HugoDécrypte fait entrer soixante ans de présidents dans la case BD

Dix ans après ses premières vidéos, le média d’Hugo Travers publie un album où un trentenaire curieux interroge De Gaulle, Macron et les autres. Objectif affiché, dérider une génération qui trouve la politique illisible.

Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Emmanuel Macron. Soixante ans de Ve République passés au filtre de la bande dessinée, voilà le pari de « A l’Élysée ». Derrière l’album, une équipe resserrée. Antoine Angé, connu sous le nom de Kokopello, tient le dessin, Thomas Cadène signe le scénario et l’historien Jean Garrigues officie comme conseiller historique. Quant à Hugo Travers, il s’est dessiné lui-même en fil rouge, traversant les décennies pour dialoguer avec les présidents, les Premiers ministres et quelques figures du pouvoir. Son personnage assume le rôle du type curieux, un brin naïf, qui pose les questions que n’importe qui aurait envie de poser.

Le projet s’inscrit dans une mécanique lancée en 2025. Dix ans après l’ouverture de sa chaîne YouTube, le fondateur d’HugoDécrypte a décidé de sortir chaque année un album consacré à un thème d’actualité, en partenariat avec les éditions Allary. Le premier opus, dédié à la Russie, s’est écoulé à 100 000 exemplaires. Enchaîner sur la politique française s’est imposé presque naturellement, avec l’élection de 2027 en ligne de mire. Le trentenaire diplômé de Sciences-Po le reconnaît sans détour, la démarche n’allait pas de soi, puisque beaucoup de jeunes disent ne rien comprendre à la politique et la jugent profondément ennuyeuse. D’où le soin mis à expliquer, à distinguer les courants de pensée, à relier les attitudes du pouvoir aux mouvements de l’opinion.

L’album démarre sur une manifestation sociale place de la République, à Paris, comme un écho aux semaines écoulées. Le hasard a bien fait les choses, le dessinateur assure que personne n’avait anticipé le mouvement lycéen. Depuis plus d’un mois, l’équipe sillonne les rassemblements pour alimenter ses vidéos et une série documentaire diffusée à la télévision. Au-delà des revendications sur l’éducation, Hugo Travers y voit l’expression d’un mal-être bien plus profond chez les jeunes, nourri par les questions d’environnement, de politique ou d’intelligence artificielle. Cette colère qui s’installe dans la durée lui fait d’ailleurs penser que la participation des 18-25 ans pourrait dépasser celle de 2022 au prochain scrutin présidentiel.

Sur le fond, pas question de prendre parti. Le média revendique une neutralité stricte, présentée comme la règle de base du journalisme. La structure tourne aujourd’hui avec 45 personnes, dont une quinzaine détiennent une carte de presse, et revendique environ 25 millions d’abonnés cumulés pour plus d’un milliard de vues mensuelles. L’ensemble est rentable, grâce à la publicité et à des partenariats de marques. Un choix assumé depuis le premier jour, celui de ne jamais passer par un abonnement payant, pour que ce travail reste accessible au plus grand nombre, y compris à ceux qui n’ont pas les moyens de sortir de l’argent chaque mois.

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