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Édouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite

Édouard Philippe maintient son diagnostic sur une « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration lors des pillages du 17 octobre. La gauche y voit…

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Édouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite

Édouard Philippe maintient son diagnostic sur une « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration lors des pillages du 17 octobre. La gauche y voit un vocabulaire d’extrême droite, tandis que Dominique de Villepin dénonce une dérive.

Édouard Philippe a remis le sujet sur la table. L’ancien Premier ministre et candidat Horizons à la présidentielle a jugé « patente » la « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration lors des pillages de magasins du week-end du 17 octobre. Il a appuyé son propos sur une formule de Charles Péguy, « voir ce que l’on voit », et l’a redit en substance lors d’un entretien télévisé. Pour lui, ces mots ne relèvent pas d’une sortie isolée. Ils s’inscrivent dans un débat sur l’intégration qu’il veut remettre au centre.

La gauche n’a pas tardé. Marine Tondelier, candidate écologiste, a dénoncé une reprise de langage lepéniste. Elle s’en est prise à Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et soutien d’Édouard Philippe, qui avait estimé que le maire du Havre avait « dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas », avec « un problème d’intégration qui est réel en France ». Pour Marine Tondelier, cette formulation reprend « mot pour mot » ce que le Front national disait de Jean-Marie Le Pen en 2002. Elle a même estimé que la question d’une démission de la porte-parole ne se posait pas. Ian Brossat, communiste, a fait le même rapprochement, rappelant que le fondateur du parti d’extrême droite utilisait ces termes à chaque sortie raciste.

Maud Bregeon a défendu son candidat. Elle a jugé que tout ce qui se situe à droite d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, est désormais « mis dans le même sac » et « qualifié de raciste » par Jean-Luc Mélenchon. Édouard Philippe a répondu par une publication. Il y défend une « France diverse et rassemblée », dit avoir « conscience que ce n’est pas toujours le cas aujourd’hui » et met en garde contre « le rejet de l’autre ». Il trace une solution dans « la rénovation de notre modèle d’intégration » et dans « un combat déterminé contre toutes les discriminations » subies par des Français issus de l’immigration et des étrangers intégrés.

Le leader insoumis l’avait accusé de ne pas croire à ses propres mots et de parler par « clientélisme racialiste ». Parmi les candidats du centre et de la droite, Édouard Philippe reste le mieux placé à moins de six mois de la présidentielle, même si sa dynamique faiblit dans les sondages. La critique la plus notable vient de Dominique de Villepin, seule personnalité hors de la gauche à s’en prendre aussi frontalement à ces propos. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac et ancien ministre des Affaires étrangères dénonce un « basculement politique ». Il voit dans « voir ce que l’on voit » une démocratie « captive des écrans » et un réflexe qui consiste à « essentialiser » les positions selon la religion ou la couleur de peau. Il accuse Édouard Philippe de dériver « dans les eaux noires des préjugés racistes ».

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