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Egrégore, le grand retour dansant de Mylène Farmer avec DJ Snake et Moby

La chanteuse dévoile vendredi son treizième album, porté par des pointures de l’électro et du hip-hop et par une équipe de cinéastes. Avant même sa…

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Egrégore, le grand retour dansant de Mylène Farmer avec DJ Snake et Moby

La chanteuse dévoile vendredi son treizième album, porté par des pointures de l’électro et du hip-hop et par une équipe de cinéastes. Avant même sa sortie, des dizaines de milliers de fans l’ont découvert dans 362 salles à travers le monde.

Mylène Farmer n’a pas choisi la discrétion pour son retour. Quatre ans après L’Emprise, réalisé avec Woodkid, l’artiste de 65 ans livre vendredi son treizième album studio, Egrégore. Et pour le faire découvrir, elle a vu les choses en grand. Mardi soir, 362 cinémas répartis entre la France, la Suisse, la Belgique, le Canada et le Mexique ont accueilli une soirée immersive. Des dizaines de milliers de fans y ont assisté à une avant-première du disque, dans une version mise en images par François Hanss, le réalisateur habitué des films de ses concerts.

Le titre, lui, n’a rien d’anodin. Egrégore est un terme ésotérique qui désigne un esprit collectif, façonné par des personnes unies par des désirs communs. La chanteuse en a fait son mot préféré, évoquant son attachement à « la notion vibratoire de la communion ». Cette idée, elle l’a développée dans un message audio diffusé au début de l’avant-première. « Il y a un instant dans chaque rencontre entre un artiste et son public où quelque chose échappe aux mots », a-t-elle glissé, avant d’ajouter que « l’artiste lance l’étincelle, le public l’embrase ». Pour elle, c’est peut-être cela, un égrégore, « une énergie créée de nos présences, de nos émotions ».

Côté musique, la production surprend. DJ Lewis, producteur français de hip-hop récemment recruté par Drake, signe huit des treize nouvelles chansons, entre électro ultra-dansante et ballades envoûtantes. DJ Snake et Moby apportent chacun deux titres. Le résultat reste fidèle à l’univers singulier de Mylène Farmer depuis Maman a tort en 1984, avec des textes corrosifs et poétiques. Pour les clips, elle a aussi fait appel aux cinéastes Julia Ducournau, Antonin Baudry et Gilles Lellouche. La première image, signée Jean-Baptiste Mondino, la montre tête en arrière et yeux fermés.

Trois titres ont déjà été dévoilés en prélude. Il y a Confession, mélancolique, sur le deuil et l’absence, interprété à Cannes en hommage au cinéaste David Lynch. C’est à qui le tour, sur une musique de DJ Lewis, aligne un refrain cryptique (« C’est à qui le tour / Refuser le sombre… »). Des LOLs et des quoi s’attaque à l’appauvrissement du langage, avec un refrain entêtant où « Ronsard est las ». Sans amarre, travaillé avec DJ Snake, glisse un clin d’œil à l’iconique Libertine de 1986 (« Je suis étrange / Je suis mélange / Je fais le saut de l’ange »). Et On a toujours le choix défend le libre arbitre.

À la sortie de l’avant-première parisienne, les réactions oscillent entre excitation et nostalgie. « Avec ce nouvel album, on danse, on rit et on pleure comme toujours avec Mylène », s’enthousiasme Thierry, technico-commercial de 32 ans, saluant « une capacité extraordinaire à se renouveler sans cesse avec les pointures du moment ». Hervé, praticien médical de 46 ans et fan de la première heure, dit avoir « retrouvé la Mylène qu'(il) aime, celle des années Innamoramento », avec sa modernité, ses codes vintage et ses thèmes de prédilection, la foi, les ténèbres, l’amour.

Quant à un retour sur scène, il n’est pas d’actualité pour l’instant. « C’est elle qui décidera », confie un proche de la chanteuse.

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