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Après l’incendie de la mairie de Limoges, deux suspects interpellés

L’enquête sur la destruction de l’hôtel de ville de Limoges progresse avec l’arrestation d’un second suspect dans la Creuse. Un premier homme, déjà…

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Après l'incendie de la mairie de Limoges, deux suspects interpellés

L’enquête sur la destruction de l’hôtel de ville de Limoges progresse avec l’arrestation d’un second suspect dans la Creuse. Un premier homme, déjà poursuivi pour tentative de meurtre sur des policiers, reste en garde à vue prolongée.

L’enquête sur la mairie de Limoges, en grande partie détruite par le feu lors de la mobilisation, a franchi une étape avec l’interpellation d’un second suspect dans la Creuse. Cet homme de 66 ans a été arrêté avec l’appui de l’antenne RAID de Bordeaux et placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur l’incendie. Quelques jours plus tôt, un premier suspect de 34 ans avait été arrêté à Bussière-Boffy, sur la commune de Val d’Issoire, en Haute-Vienne. Il est désormais mis en cause pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique, et sa garde à vue a été prolongée de 48 heures.

Le ministère public a expliqué que cette qualification plus lourde découle de plusieurs éléments. L’analyse des cartes et de la chronologie des faits, l’exploitation des images d’un drone et les auditions des treize policiers municipaux présents dans la mairie au moment des faits ont conduit à élargir l’enquête. Jusqu’ici, les investigations portaient sur la dégradation d’un bien en bande organisée dangereuse pour les personnes et sur des menaces de mort visant les personnes présentes dans le bâtiment. La mairie, inaugurée en 1883 et classée, a été en grande partie ravagée pendant une manifestation qui a aussi donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre et à des pillages de commerces, à Limoges comme ailleurs.

Les autorités évoquent environ 5.000 participants, dont 700 individus qualifiés de radicalisés et extrêmement violents. Les premiers heurts ont éclaté aux abords de l’autoroute A20. La police étant à court de grenades de désencerclement, le cortège s’est disloqué et ses éléments les plus radicaux se sont dirigés vers la mairie. Des vitres ont été brisées, la porte forcée, puis le feu allumé à l’intérieur. Le maire, Guillaume Guérin, a raconté que les intrus avaient menacé les gardiens de la loge, payés 1.500 euros par mois, en promettant de les tuer, et les élus présents en annonçant qu’ils allaient tous mourir. Il a également jugé qu’un bâtiment de deux siècles ne pouvait pas être détruit avec une boîte d’allumettes et un briquet.

Le maire a aussi estimé que le trentenaire arrêté était probablement le cerveau de l’opération et a pointé l’ultra-gauche, en partie repliée sur le plateau de Millevaches. Cette zone rurale, située entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne, compte environ 10.000 habitants et abrite une population alternative dont la proximité supposée avec l’ultra-gauche radicale nourrit méfiances et tensions. Le trentenaire, intérimaire dans le bâtiment et engagé dans la défense de l’environnement, est fiché S pour son appartenance présumée à l’ultra-gauche radicale et connu pour des violences sur un policier. Il est le fils d’un septuagénaire condamné en avril à une peine de prison avec sursis dans l’affaire de véhicules Enedis incendiés à Limoges et d’une antenne-relais détruite en Haute-Vienne. Son avocat a rappelé qu’on ne pouvait pas reprocher à quelqu’un sa filiation.

Ce père était lui-même connu pour ses liens avec le milieu anarchiste et comme autonomiste basque dans les années 1980. Dans la région, des actions avaient été revendiquées, comme l’incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020, puis celui d’une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021. Les faits liés aux véhicules Enedis et à l’antenne-relais avaient déjà conduit à des interpellations à Gentioux-Pigerolles, dans la Creuse. C’est dans ce village, connu pour son rare monument aux morts pacifiste, que le second suspect aurait été arrêté, sans confirmation officielle à ce stade.

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