Politique
Orléans se prépare à un week-end de congrès et de contestation
Le Rassemblement national lance sa campagne présidentielle à Orléans ce week-end, avec un dispositif de sécurité inédit. Des dizaines de milliers…

Le Rassemblement national lance sa campagne présidentielle à Orléans ce week-end, avec un dispositif de sécurité inédit. Des dizaines de milliers d’opposants sont attendus et les autorités promettent de tenir la ligne.
Près de 3 000 membres des forces de l’ordre seront mobilisés à Orléans durant le week-end. Les autorités attendent entre 20 000 et 30 000 opposants au congrès du Rassemblement national, qui doit réunir 5 000 personnes samedi et 10 000 dimanche pour le lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Le préfet du Loiret, Hugues Moutouh, a présenté un dispositif qualifié d’exceptionnel et estimé que 2 000 à 3 000 éléments radicaux pourraient se trouver parmi les manifestants.
Une grande manifestation est prévue samedi au départ du parvis de la cathédrale, à l’appel d’une cinquantaine d’organisations, syndicats et mouvements politiques de gauche principalement. Elle doit dénoncer le racisme, le fascisme et l’impérialisme. Un village antifasciste prendra ensuite le relais avec des stands associatifs et des ateliers. Plusieurs responsables politiques sont annoncés, dont Olivier Faure pour le Parti socialiste, Sophie Binet pour la CGT et Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis.
Le préfet insiste sur la légalité de cette manifestation déclarée et sur le rôle de l’État pour garantir la liberté de manifester. Mais il alerte aussi sur des organisations classées à l’ultragauche qui affichent leur intention d’empêcher le congrès et le meeting. Il prévient qu’aucune manifestation déclarée n’aura lieu dimanche, en expliquant que ces rassemblements deviennent souvent des attroupements de personnes armées visant à déstabiliser les institutions et à s’en prendre aux libertés.
Pour sécuriser la ville, une quinzaine d’unités de forces mobiles sont engagées, soit près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires. Un blindé Centaure de la gendarmerie et des engins lanceurs d’eau seront déployés. Le préfet parle d’un niveau jamais vu pour Orléans. Il promet de ne pas laisser des groupes violents prendre en otage une manifestation pacifique, s’en prendre aux forces de l’ordre, menacer les habitants ou dégrader commerces et bâtiments publics.
Le maire d’Orléans décrit l’inquiétude des habitants et des commerçants, même si les boutiques pourront rester ouvertes. Il veut protéger sa ville et éviter la pagaille, avec une attention particulière à la fin de journée de samedi, à la nuit et au dimanche. Plusieurs lieux publics, dont les musées, fermeront et des spectacles sont annulés. Les vélos en libre-service seront retirés du centre-ville. Une vendeuse d’une bijouterie fantaisie confie sa peur d’être pillée et son hésitation à ouvrir, tout en espérant que les mesures permettront un week-end calme.
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