Société
À Limoges, la mairie brûle et le maire accuse l’État d’avoir lâché ses policiers
Après l’incendie volontaire de l’hôtel de ville samedi, Guillaume Guérin dénonce des forces de l’ordre à court de moyens et réclame un plan d’urgence pour…


Après l’incendie volontaire de l’hôtel de ville samedi, Guillaume Guérin dénonce des forces de l’ordre à court de moyens et réclame un plan d’urgence pour sa ville. Il affirme que le cortège a été infiltré par des centaines d’individus déterminés à en découdre.
Debout devant les décombres de l’hôtel de ville, dimanche, le maire de Limoges n’a pas mâché ses mots. Guillaume Guérin, élu en mars à la tête de la ville et président de la métropole limousine, a tenu à parler sur place, au milieu de ce qu’il reste du bâtiment. Son constat tient en quelques phrases. La police républicaine a reculé dans ce pays, a-t-il lancé, avant d’insister sur le manque de moyens. Selon lui, les renseignements territoriaux, la police nationale et la préfecture disent tous la même chose.
Les faits de samedi donnent la mesure de la journée. Environ 5.000 personnes ont participé à la manifestation organisée dans le cadre de la mobilisation du 17 octobre. Parmi elles, plusieurs centaines d’individus qualifiés de radicalisés et extrêmement violents par les autorités. Les premières confrontations avec les forces de l’ordre ont éclaté aux abords de l’autoroute, avant que le face-à-face ne se déplace vers le centre-ville.
Pour l’édile, la suite était écrite d’avance. Environ 700 individus d’extrême gauche se sont glissés dans le défilé, décrit-il. Cagoulés, surentraînés, armés, et mieux équipés que certains policiers nationaux. Vers 15h30, sur les boulevards, les fonctionnaires qui contenaient cette frange n’avaient plus de munitions, notamment de grenades de désencerclement. La police a donc reculé, et le scénario redouté s’est produit. Une partie du cortège s’est disloquée, les manifestants pacifiques sont rentrés chez eux, et ceux qui étaient venus pour casser se sont retrouvés devant la mairie, entraînant dans leur sillage une poignée de gamins dont le maire doute qu’ils mesurent la portée de leurs actes.
À l’intérieur, le récit devient plus sombre encore. Les gardiens de la loge, qui touchent 1.500 euros par mois, se sont vu promettre qu’on allait les crever. Les élus présents ont entendu qu’on allait tous les tuer. Des mots rapportés par Guillaume Guérin, qui en tire une demande directe adressée au gouvernement, un plan particulier pour Limoges et une pluie de millions sur la ville. Il dit l’avoir déjà expliqué au Premier ministre. Beaucoup de communes ont été saccagées ces dernières heures, reconnaît-il, mais à Limoges, c’est la mairie qui a brûlé. Et de conclure que l’État a abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages, en attendant que celui-ci comprenne.
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