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Sept ex-policiers guatémaltèques écopent de jusqu’à 60 ans de prison pour la mort d’un couple homosexuel

Un tribunal du Guatemala a condamné sept anciens membres de la police à des peines allant jusqu’à 60 ans pour l’exécution extrajudiciaire d’un couple…

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Sept ex-policiers guatémaltèques écopent de jusqu’à 60 ans de prison pour la mort d’un couple homosexuel

Un tribunal du Guatemala a condamné sept anciens membres de la police à des peines allant jusqu’à 60 ans pour l’exécution extrajudiciaire d’un couple homosexuel, un crime de haine. Des militants ont allumé des bougies devant la salle d’audience et rappelé que l’homophobie tue.

Le verdict est tombé contre sept anciens agents. Les peines les plus lourdes atteignent 60 ans de prison. Elles visent l’exécution extrajudiciaire d’Eldin Choc, 28 ans, et de son compagnon Milton Santamaría, 45 ans, un Salvadoro-Canadien. Devant le tribunal, des militants ont allumé des bougies et déployé une banderole portant les mots « L’homophobie tue ».

Les faits se sont déroulés à San Andrés Itzapa, une commune maya de l’ouest du Guatemala. Les deux hommes ont été arrêtés après une altercation présumée dans un magasin. Ils ont ensuite été emmenés au poste de police du village. Là, ils ont été frappés, torturés et tués. Le procureur Marco Escobar a souligné que des propos homophobes avaient été tenus. La juge María Castellanos a qualifié l’acte d’ignoble au moment de lire le verdict.

Pour masquer ce qui s’était passé, le corps de Milton Santamaría a été conduit à l’hôpital. Celui d’Eldin Choc a été retrouvé quelques jours plus tard dans un ravin, une main mutilée. Les policiers ont affirmé que les deux hommes étaient morts dans un accident de la route.

Edy Vásquez, ancien chef de la police d’Itzapa, a écopé de 60 ans de prison. Il avait été arrêté deux mois après les faits au Texas, puis expulsé vers le Guatemala. Un autre ancien agent a reçu la même peine et un troisième a été condamné à 30 ans. Tous les trois pour exécution extrajudiciaire. Deux anciennes policières ont été condamnées à 11 ans pour manquement à leurs devoirs et discrimination, en raison de propos homophobes. Deux autres accusés ont écopé de 8 et 10 ans pour détention illégale, abus d’autorité, entrave à l’action pénale et manquement à leurs devoirs.

Des enregistrements audio captés pendant les sévices ont constitué une preuve déterminante. Le signalement des faits à la hiérarchie a aussi pesé. Deux pompiers ont ensuite été condamnés à un an et trois ans de prison avec sursis. Ils avaient admis avoir caché, sous la pression des policiers, que Milton Santamaría était déjà mort lorsqu’ils l’ont transporté à l’hôpital. Henry Choc, frère d’Eldin, s’est dit satisfait que justice ait été rendue.

Cristosal, partie civile dans le procès, a souligné que le poste de police avait été transformé en scène d’un crime motivé par des préjugés. Au milieu de railleries homophobes, les agents se sont livrés à une violence brutale. Son directeur juridique, Abraham Abrego, a jugé important que l’affaire ne reste pas impunie.

Amnesty International et trois associations locales de défense des droits humains ont estimé que cette affaire s’ajoute à de nombreux autres crimes de haine commis contre les personnes LGBTQI+ au Guatemala. Le code pénal guatémaltèque ne réprime pas spécifiquement ces crimes. L’association Lambda, qui défend les droits des personnes LGBT+, recense une trentaine de décès violents de personnes LGBT+.

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