Politique
La gauche sort furieuse de Matignon, Lecornu garde le cap sur l’ordre public
Les partis de gauche attendaient des réponses sur les revendications sociales. Ils ont surtout entendu un gouvernement centré sur le retour à l’ordre…

Les partis de gauche attendaient des réponses sur les revendications sociales. Ils ont surtout entendu un gouvernement centré sur le retour à l’ordre public, et quittent la réunion à Matignon avec un sentiment de colère.
La réunion entre Sébastien Lecornu et les partis politiques a laissé un goût amer à gauche. Le sujet affiché était le maintien de l’ordre. Pour l’exécutif, ce thème passe avant toute prise en compte des revendications sociales. Cette hiérarchie a crispé les formations progressistes, qui espéraient parler des attentes des jeunes et des tensions sociales.
Manuel Bompard a dénoncé une réunion qui a fait perdre du temps au pays. Le coordinateur national de La France insoumise reproche au Premier ministre de n’être jamais entré dans le débat sur les revendications des jeunes, la colère et la souffrance sociale. Il y voit une stratégie de temporisation. Jean-Luc Mélenchon a relayé la même critique sur X, parlant de réunions de bavardages sans objectif.
Marine Tondelier a résumé l’ambiance en évoquant beaucoup de colère à la sortie. Alors que des premières décisions doivent être annoncées aux lycéens, elle prévient que plus le gouvernement attend, plus la facture sera lourde. Parier sur l’essoufflement du mouvement serait une erreur impardonnable, selon elle. Raphaël Glucksmann juge inquiétant de n’avoir obtenu aucune réponse sur le fiasco sécuritaire ni sur le mouvement social. Il assure que le gouvernement se trompe s’il croit que le mouvement s’éteindra faute de réponses aux demandes de la jeunesse. Fabien Roussel se dit extrêmement déçu. Il demande de traiter les causes des manifestations plutôt que leurs symptômes et dénonce des dérives dangereuses autour des interdictions de manifester.
Côté gouvernement, Maud Bregeon a rapporté que le Premier ministre ne fait aucun amalgame entre les manifestants pacifiques porteurs de revendications légitimes et les casseurs, pilleurs, délinquants ou groupuscules d’ultragauche et d’extrême gauche radicalisés. Pour l’exécutif, le retour au calme et à l’ordre public conditionne la prise en compte des revendications. Sans ordre public, pas de discussion sereine, apaisée et contradictoire sur les demandes sociales, résume-t-elle.
Christophe Béchu, seul représentant du bloc central à s’exprimer, a placé la condamnation sans retenue de la violence comme préalable. Il veut ensuite écouter et répondre à ceux qui manifestent. Edwige Diaz a estimé que le congrès du RN à Orléans, avec 20 000 à 30 000 manifestants attendus dans la préfecture du Loiret, pourrait se tenir dans de très bonnes conditions de sécurité. Louis Aliot a toutefois prévenu que si des dégâts surviennent en marge du congrès, Olivier Faure, Marine Tondelier et les autres en porteront la responsabilité.
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