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La sécheresse vide les paniers de champignons

Les amateurs de cueillette rentrent bredouilles. Un manque de pluie prolongé assèche les sols et perturbe la poussée des champignons sauvages, alors que…

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La sécheresse vide les paniers de champignons

Les amateurs de cueillette rentrent bredouilles. Un manque de pluie prolongé assèche les sols et perturbe la poussée des champignons sauvages, alors que l’automne devrait être leur saison.

La France sort d’une longue période sans pluie suffisante. Les sols sont si secs que leur taux d’humidité descend sous les niveaux habituellement observés en plein été. Les averses récentes ont bien apporté un peu d’eau, mais pas de quoi reconstituer les réserves. Résultat, les champignons sauvages se montrent beaucoup plus rares que les autres années, et les cueilleurs le sentent passer.

Chez les professionnels, la pénurie complique l’approvisionnement. Un grossiste spécialisé dans le champignon sauvage, installé au marché de Rungis, parle de réelles difficultés pour trouver la marchandise. Les amateurs, eux, enchaînent les sorties sans grand butin. L’automne avance et les paniers restent vides.

Dans une forêt communale de Haute-Garonne, près de Toulouse, une bénévole d’une association mycologique a emmené quatre apprentis cueilleurs sur près de 380 hectares. Objectif, fournir aux étudiants en pharmacologie des spécimens à étudier, notamment les espèces toxiques ou mortelles, pour qu’ils sachent plus tard mettre en garde leurs clients. Après plusieurs heures de marche, le bilan tombe à trois champignons. Aucun comestible. Un seul mérite d’être présenté aux étudiants, un polypore écailleux.

La guide connaît le bois depuis longtemps. Elle n’avait jamais vu le petit cours d’eau aussi sec ni trouvé si peu de choses le long de son lit. L’absence d’amanite phalloïde l’inquiète particulièrement, car les futurs pharmaciens doivent apprendre à reconnaître ce champignon mortel pour éviter les confusions. Sans spécimens, la formation perd un support concret.

Derrière la rareté des cueillettes, il y a un mécanisme discret. Ce que l’on ramasse n’est que la partie visible d’un vaste réseau de filaments souterrains appelé mycélium. Ce réseau forme le véritable corps du champignon. Avec des sols durablement asséchés, les mycéliums souffrent. L’espoir reste qu’ils soient seulement ralentis et qu’ils repartent dès que l’eau revient.

Les champignons jouent aussi un rôle essentiel dans la forêt. Ils vivent en symbiose avec les racines des arbres et les aident à se nourrir, à puiser l’eau et les minéraux du sol. Leur raréfaction touche donc bien au-delà des paniers des gourmands. Un ancien ingénieur agronome de 75 ans, croisé lors de la sortie, résume le changement. Il a grandi en Périgord, où la cueillette tient presque de la religion, et constate que les pluies de fin d’été se font de plus en plus rares. Remplir un panier entier lui paraît désormais un lointain souvenir.

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