Planète
La Bretagne guette la pluie avec des réserves au plus bas
La péninsule armoricaine, réputée pour ses averses, affronte un automne de pénurie. Les nappes et les retenues sont si basses que des coupures d’eau et…

La péninsule armoricaine, réputée pour ses averses, affronte un automne de pénurie. Les nappes et les retenues sont si basses que des coupures d’eau et des ruptures d’approvisionnement deviennent possibles.
Le lac du Drennec, retenue artificielle créée en 1982 pour sécuriser l’eau du nord du Finistère, n’était rempli qu’à 33 % à la mi-octobre. Un niveau rare pour la saison. Sans pluies abondantes, ce plan d’eau prisé des pêcheurs de truite pourrait être presque vide fin novembre. Derrière ce chiffre, il y a 310 000 habitants à alimenter. Un élu brestois résume le paradoxe d’une région où l’on plaisante souvent sur la pluviométrie. Sauf que la réalité n’a rien de drôle. On parle désormais de rupture possible.
Fin septembre, 71 % des nappes bretonnes affichaient un niveau bas ou très bas. Le Finistère et les Côtes-d’Armor concentraient les situations les plus tendues, avec respectivement 81 % et 83 % de nappes basses à très basses. À Saint-Malo, l’agglomération prévoit des coupures le 10 décembre pour 160 000 habitants si la pluie ne revient pas en quantité suffisante. La demande a déjà baissé de 6 % par rapport à l’an dernier. Chaque goutte compte, martèle-t-on du côté du Finistère, où le plan Orsec pourrait être déclenché si la situation ne s’améliore pas.
Pour éviter la panne sèche, des producteurs d’eau ont été autorisés à maintenir des pompages malgré la chute du niveau des rivières. Dans le Finistère, un captage fermé depuis 2009 à cause de nitrates agricoles a même été rouvert par dérogation. L’eau est mélangée à celle d’un cours d’eau voisin pour respecter les normes. La mesure est présentée comme un ultime recours, jamais déployé jusqu’ici. Elle illustre aussi une région agricole qui s’est privée de certaines ressources, alors que la reconquête de la qualité de l’eau est réclamée. Depuis 1970, 447 captages ont été abandonnés en Bretagne, dont plus d’un tiers pour mauvaise qualité.
La crise surprend après une année commencée par des pluies record et des inondations. Les réserves bretonnes se remplissent et se vident vite, en raison de la géologie locale. Elles peuvent donc connaître des inondations en janvier et des sécheresses en septembre. Ce cycle annuel rend la péninsule particulièrement exposée. Les projections climatiques suggèrent que ces épisodes se répéteront de plus en plus souvent. La leçon est simple. La Bretagne devra apprendre à vivre avec des automnes secs, même sous un ciel réputé capricieux.
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