Société
À Bobigny, des mineurs ont dormi sur le sol avec une couverture de survie pour tout confort
Le barreau de Seine-Saint-Denis dénonce l’accueil réservé à dix-sept mineurs au dépôt du tribunal de Bobigny. Le procureur reconnaît que les conditions…

Le barreau de Seine-Saint-Denis dénonce l’accueil réservé à dix-sept mineurs au dépôt du tribunal de Bobigny. Le procureur reconnaît que les conditions n’étaient pas acceptables et promet d’encadrer plus strictement les nuits passées sur place.
Des cellules sales, le froid, pas de matelas et des couvertures de survie. Voilà ce qu’ont trouvé quatre membres du Conseil de l’ordre du barreau de Seine-Saint-Denis, mandatés par la bâtonnière Sandrine Beressi, lors d’une visite du dépôt du tribunal de Bobigny, situé au sous-sol du palais de justice. Leur constat est net. Dix-sept mineurs ont passé la nuit dans ces locaux après des interpellations liées au mouvement lycéen ou à des pillages. Le barreau, qui représente plus de 670 avocats, parle de conditions inacceptables. Il martèle que « la fermeté ne saurait justifier qu’on prive des enfants de leur dignité ». Il souligne que des cellules collectives étaient vides, qu’aucun jeune n’a disposé d’un matelas et que des banquettes trop courtes empêchaient certains grands adolescents de s’allonger. Le froid a fait trembler au moins trois mineurs. Des déchets et des bouteilles d’urine laissés par des occupants précédents traînaient dans des cellules sales. Un rapport accompagné de photos décrit la cellule 27, où deux mineurs reposent côte à côte à même le sol carrelé. Deux couvertures de survie sont disponibles, les deux ont mangé des sandwichs, aucun kit d’hygiène n’a été proposé et l’un a vu un médecin.
Le procureur de Bobigny, Alexandre de Bosschère, a admis que ces mineurs n’avaient pas pu être accueillis dans des conditions acceptables. Après une réunion avec le barreau, il s’est engagé à ce que les présentations nocturnes de mineurs restent strictement limitées à des situations exceptionnelles, comme le parquet l’avait promis auparavant. L’usage nocturne des cellules individuelles réservées aux mineurs est désormais interdit, car elles sont trop petites pour cet usage. Cette décision intervient dans un lieu déjà marqué par une affaire grave. Un an plus tôt, une jeune femme avait accusé deux policiers de l’avoir violée dans ce dépôt pendant la nuit. Le parquet avait alors assuré qu’aucun mineur n’y passerait la nuit, sauf circonstances exceptionnelles. La vétusté des lieux est connue et de nouveaux locaux doivent être construits à partir de novembre, avec l’extension du tribunal.
La controverse ne se limite pas à l’état des cellules. Environ 200 personnes se sont rassemblées devant le tribunal pour réclamer la libération des élèves arrêtés, avec le slogan « libérez nos élèves ». Une vingtaine de mineurs avaient été interpellés. La mère d’une lycéenne ayant passé la nuit en cellule a raconté avoir vu sa fille menottée et placée face au mur. Elle l’a décrite comme traumatisée et a insisté sur son caractère sans histoire. Le barreau estime que cette situation découle directement de la circulaire envoyée le 2 octobre par le ministre de la Justice Gérald Darmanin aux procureurs. Ce texte les appelle à une réponse pénale ferme et rapide.
Le procureur défend une autre lecture. Il explique que la présentation nocturne de dix-sept mineurs, un chiffre très exceptionnel, s’explique par l’implication de quatorze d’entre eux dans une seule procédure. Les faits portent sur un vol aggravé dans un commerce de Saint-Denis, ce qui a justifié des investigations approfondies et un défèrement. Il affirme aussi que les photos montrant deux mineurs allongés dans une cellule individuelle ont été prises après le début des opérations de nettoyage, qui obligent les policiers à regrouper les personnes déférées. Me Elsa Marcel, avocate des lycéens en garde à vue et porte-parole de Révolution permanente, s’est félicitée de la remise en liberté de tous les mineurs. Elle raconte que les jeunes ont été enfermés en si grand nombre dans ce dépôt que le parquet n’a pas réussi à les présenter devant un juge dans les délais réglementaires. Tous sont donc sortis en même temps.
À lire aussi

SociétéEn Ligne 7 joursLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles
Faits DiversEn Ligne 4 joursÀ Lille, la mairie forcée et l’Apple Store pillé
Faits DiversEn Ligne 4 joursLimoges regarde son hôtel de ville partir en fumée
CultureEn Ligne 5 joursCéline Dion referme en beauté son marathon parisien
SociétéEn Ligne 4 joursÀ Limoges, la mairie brûle et le maire accuse l’État d’avoir lâché ses policiers
SociétéEn Ligne 5 joursÉlèves, gilets jaunes et syndicats unissent leurs colères dans la rue
Faits DiversEn Ligne 4 joursDes commerces du 11e arrondissement pris pour cible après la manifestation
Faits DiversEn Ligne 6 joursÀ Marseille, la guerre de la drogue marque une pause inédite
















