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Sébastien Delogu face à une demande d’inéligibilité de cinq ans

Le parquet de Marseille réclame deux ans de prison avec sursis et une inéligibilité de cinq ans contre le député LFI, poursuivi pour avoir diffusé des…

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Sébastien Delogu face à une demande d'inéligibilité de cinq ans

Le parquet de Marseille réclame deux ans de prison avec sursis et une inéligibilité de cinq ans contre le député LFI, poursuivi pour avoir diffusé des documents personnels dérobés à un dirigeant d’entreprise. L’élu des quartiers Nord a choisi de ne pas s’expliquer à la barre et s’est contenté de présenter ses excuses.

Devant le tribunal correctionnel, les réquisitions sont tombées net. Deux ans de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, et surtout cinq ans d’inéligibilité assortis d’une exécution provisoire. Autrement dit, une peine qui s’appliquerait sans attendre l’issue d’un éventuel appel. Sébastien Delogu, député depuis 2022 et ancien candidat à la mairie de Marseille, est poursuivi pour recel de biens provenant d’un vol et pour divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou de localiser une personne, avec un risque direct d’atteinte à celle-ci.

Les faits remontent à septembre 2024, en pleine grève dans une entreprise de nettoyage marseillaise, Laser Propreté, chargée de la gare Saint-Charles. Les poubelles s’accumulent dans la gare. Le 19 septembre, plusieurs représentants du personnel pénètrent dans le bureau d’Isidore Aragones, nommé une semaine plus tôt à la tête de la société pour tenter de calmer le conflit. L’homme, 79 ans, a été bâtonnier de Marseille et président local du Conseil représentatif des institutions juives de France. Après le passage des salariés, il constate qu’un dossier lui a été dérobé, avec de nombreux courriels imprimés à l’intérieur.

Sébastien Delogu n’était pas dans ce bureau ce jour-là. Cinq jours plus tard, il publie pourtant une partie de ces documents sur son compte Instagram. L’élu, fervent défenseur de la cause palestinienne, dévoile notamment le projet d’Isidore Aragones de se rendre en Israël pour témoigner de sa reconnaissance envers Tsahal. La partie civile l’affirme sans détour, ces publications l’ont mis en danger et ont fait de lui une cible.

Pour la procureure Audrey Jouaneton, le parquet ne pouvait pas laisser l’intéressé continuer d’exercer son mandat au regard de la gravité des faits. Elle a estimé qu’il avait sali la fonction de député. Elle a aussi dénoncé l’instrumentalisation d’un conflit social pour jeter l’opprobre de façon abominable sur Isidore Aragones, en raison de son appartenance à la communauté juive. Dans cette affaire, elle a pointé la puissance démultiplicatrice des réseaux sociaux, capable de transformer quelques documents photocopiés en une exposition publique de très grande portée.

Reste maintenant au tribunal à trancher, en tenant compte des réquisitions sans y être tenu. La décision dira si un élu peut être condamné à quitter son mandat pour la diffusion de documents issus d’un vol, et à quel point la parole politique en ligne engage son auteur.

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