Europe
Kiev et Moscou prêts à parler, Washington veut croire à la paix
La Russie et l’Ukraine se disent ouvertes à des négociations à trois avec les États-Unis, sans s’accorder sur le moment ni sur la manière de stopper les…

La Russie et l’Ukraine se disent ouvertes à des négociations à trois avec les États-Unis, sans s’accorder sur le moment ni sur la manière de stopper les combats. Donald Trump assure que la fin de la guerre n’a jamais été aussi proche, alors que le Kremlin douche les attentes et que les exigences territoriales restent un obstacle majeur.
L’émissaire américain Steve Witkoff a rencontré Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, après avoir échangé à Oslo avec des dirigeants européens et Volodymyr Zelensky. À l’issue d’un entretien de trois heures qualifié de détaillé et franc, Iouri Ouchakov a fait savoir que Moscou acceptait de reprendre les discussions à trois avec Kiev et Washington. Mais pas tout de suite. Le Kremlin renvoie la reprise après les élections de mi-mandat américaines, sans arrêt des combats d’ici là. Volodymyr Zelensky se dit favorable à une telle rencontre, et le plus tôt possible. Il résume l’enjeu par une idée simple, mettre fin à la guerre, faire avancer la paix et préparer une rencontre au niveau des dirigeants.
Donald Trump veut y croire. Il affirme que le règlement de la guerre en Ukraine n’a jamais été aussi proche, une formule qu’il répète depuis son retour au pouvoir. En face, Iouri Ouchakov estime que les propositions européennes présentées à Oslo n’avaient pas grand-chose à offrir. Steve Witkoff, assisté en visioconférence par Jared Kushner, grippé, a surtout salué la libération de l’Américain Stephen Hubbard détenu en Russie. Il a loué Vladimir Poutine comme un humaniste, des propos qui ont immédiatement fait réagir des parlementaires américains, y compris républicains. L’émissaire assure que les échanges ont été utiles et doivent se poursuivre dans un cadre trilatéral, tout en reconnaissant qu’il reste beaucoup à faire.
Le cœur du blocage reste territorial et militaire. Volodymyr Zelensky propose un gel de la ligne de front comme premier pas, une idée que Moscou refusait jusqu’ici. La Russie veut un accord de fond avant tout arrêt des hostilités. Elle réclame notamment que l’armée ukrainienne quitte les zones qu’elle tient encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev juge inacceptable. Les combats continuent sans avancée majeure de part et d’autre. Des négociations entre Russes, Ukrainiens et Américains ont déjà eu lieu sans résultat concret, puis ont été suspendues après le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Israël. Une réunion entre Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping est évoquée en marge du sommet de l’APEC à Shenzhen.
Cette reprise diplomatique s’accompagne d’un rapprochement entre Washington et Moscou. Donald Trump espère qu’il fera baisser le prix des carburants, un motif de mécontentement important pour les électeurs américains avant les législatives. Vladimir Poutine a annoncé qu’un premier navire chargé de 40 000 tonnes de diesel russe partirait bientôt vers les États-Unis, une cargaison rendue possible par un accord qui a conduit Washington à lever une partie des sanctions. Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l’Énergie, a évoqué un départ prochain. Kiev et ses alliés européens dénoncent cette décision. À leurs yeux, toute vente d’hydrocarbures russes finance la machine de guerre contre l’Ukraine.
Sur le terrain, les forces ukrainiennes ont signalé des difficultés d’accès aux renseignements américains et au système de satellites Starlink. Volodymyr Zelensky a néanmoins salué le rétablissement des alertes américaines précoces destinées à détecter les missiles russes. Ce mélange de gestes d’apaisement et de pressions montre que la voie vers une paix reste étroite.
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