Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

À Dimona, on ne jure que par Bibi

Dans le sud d’Israël, les partisans du Premier ministre sortant lui gardent une confiance totale. Expérience, poigne sécuritaire et amitié avec Donald…

Article

le

À Dimona, on ne jure que par Bibi

Dans le sud d’Israël, les partisans du Premier ministre sortant lui gardent une confiance totale. Expérience, poigne sécuritaire et amitié avec Donald Trump pèsent lourd à leurs yeux, loin des critiques sur le 7 octobre.

Daniela Hermon n’a pas la moindre hésitation. Cette habitante du sud d’Israël, 60 ans, s’apprête à glisser un bulletin au nom de Benjamin Netanyahu, convaincue d’avoir affaire à un dirigeant hors norme, qu’on ne croiserait qu’une fois par siècle à l’en croire. Elle fait partie de la foule massée devant un restaurant de Dimona, dans le Néguev, où le chef du gouvernement sortant doit s’arrêter pendant la campagne. Ce jour-là, il souffle ses 77 bougies, et un gâteau à son effigie attend les visiteurs.

Pour ces électeurs, l’expérience du pouvoir, la poigne sur les dossiers de sécurité et, plus récemment, le soutien affiché de Donald Trump comptent plus que tout. Les critiques de l’opposition, qui lui reproche d’avoir laissé passer les attaques du Hamas le 7 octobre 2023, glissent sur eux. Dans un pays toujours engagé militairement à Gaza et au Liban, avec la menace d’un nouveau bras de fer avec l’Iran en toile de fond, ils voient en lui un rempart. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un dirigeant pareil », souffle Daniela Hermon.

À Dimona, le terrain est acquis d’avance. En 2022, le Likoud y avait décroché son meilleur score national, avec 51 % des voix. Après deux heures d’attente sous haute surveillance policière, la foule pénètre dans le restaurant, où l’ambiance feutrée tranche avec l’effervescence. Sur une estrade, Netanyahu promet d’en finir avec l’Iran en renversant le régime, puis évoque son ami Donald Trump, qui l’a soutenu pour ce scrutin. Il relaie le message du président américain, invitant les électeurs à se rendre aux urnes pour le Likoud. Les applaudissements fusent.

Les sondages annoncent un duel serré entre son camp et celui de Gadi Eisenkot, le centriste qui le défie. Meir Eini, 82 ans, croisé lors d’une précédente visite à Ramla, veut y croire. « Si Dieu le veut, nous gagnerons, et largement », lance-t-il, persuadé qu’aucun autre ne ressemble à Bibi. Moti Cohen, 76 ans, abonde dans le même sens. « Je ne vote que pour Bibi. Lui seul sait protéger notre pays, les autres ne sont rien », assure-t-il.

Tout le monde n’est pas de cet avis. Attablé à la terrasse d’un café, Aaron Meguira, 60 ans, a choisi Gadi Eisenkot. À ses yeux, Netanyahu a fracturé le peuple, et tout ce qui s’est produit le 7 octobre relève de son mandat. Le Premier ministre a fait son temps et doit rentrer chez lui, estime-t-il, résumant son ras-le-bol d’un « ça suffit ». D’autres, comme Shay Woknin, électeur d’origine marocaine comme Eisenkot, rejettent vivement le candidat centriste. Il l’accuse d’être le pantin d’élites de gauche, une théorie complotiste largement relayée à droite, et affirme qu’Ehud Barak le manipule en coulisses, le choisissant seulement parce qu’il est séfarade.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus