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Le Sri Lanka mise sur le vert mais doit composer avec un réseau sous tension

Le pays veut accélérer son virage vers les renouvelables après avoir subi de plein fouet la flambée des hydrocarbures. Mais les éoliennes divisent, le…

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Le Sri Lanka mise sur le vert mais doit composer avec un réseau sous tension

Le pays veut accélérer son virage vers les renouvelables après avoir subi de plein fouet la flambée des hydrocarbures. Mais les éoliennes divisent, le réseau manque de souplesse et le modèle solaire doit être revu.

Le Sri Lanka importe tout son pétrole et tout son gaz. Cette dépendance lui a coûté cher quand le détroit d’Ormuz a été quasiment bloqué, dans le contexte d’un conflit ouvert contre l’Iran. Les prix des carburants, du gaz et de l’électricité ont grimpé, le rationnement est apparu et l’inflation a atteint son plus haut niveau depuis trois ans. L’économie, à peine remise de sa pire crise de 2022, encaisse encore les séquelles. Certains mois, l’État a consacré jusqu’à 30 % de ses réserves de change à ses achats d’hydrocarbures.

Le ministre de l’Énergie Anura Karunathilaka veut donc aller plus vite. Il parle de signaux d’alerte qui poussent à réduire la place des hydrocarbures et à donner la priorité aux renouvelables dans les prochaines années. Le calendrier était déjà fixé avant la guerre. D’ici à 2030, le pays doit produire 70 % de son électricité à partir de sources vertes, contre environ 60 % aujourd’hui, dont 40 % grâce à l’hydraulique. Le ministre s’attend même à devoir dépasser cet objectif de 70 %.

La route reste pourtant loin d’être droite. Le potentiel éolien de l’île est estimé à 30 gigawatts, mais des riverains de la presqu’île de Mannar contestent les 30 turbines en service depuis 2020. Ils dénoncent des inondations, l’éloignement du poisson et des risques pour les oiseaux migrateurs. Anura Karunathilaka assure que ces habitants ont été entendus. Seuls les projets déjà validés ou déjà lancés seront menés, dit-il, et les futurs parcs éoliens seront installés ailleurs.

Le réseau ajoute ses propres limites. Le ministre évoque des lignes électriques insuffisantes, des difficultés de contrôle et des écarts entre l’offre et la demande. Cinq nouvelles lignes à haute tension doivent sortir de terre dès l’an prochain pour absorber plus de renouvelable. Cela ne réglera pas tout. Le succès du solaire sur les toits des particuliers et des entreprises provoque de fortes variations. En pleine journée, la production dépasse souvent la consommation. Des pannes nationales de plusieurs heures ont déjà mis le pays à l’arrêt. Pour stabiliser le réseau, des centrales solaires sont parfois coupées, ce que certains interprètent à tort comme un manque de soutien au solaire, regrette le ministre.

Le gouvernement vise près de 4 400 MW de capacité de production d’ici à 2029, soit une hausse de 388 % par rapport à 2024. Il veut aussi changer la façon dont le solaire est payé. Jusqu’ici, un producteur privé pouvait injecter son électricité sur le réseau le jour, au moment où la production est forte et la demande faible, puis récupérer gratuitement la même quantité la nuit, quand l’électricité coûte plus cher et devient plus rare. L’État supportait le coût de cet écart. Le ministre juge cette charge injuste pour le public et promet un modèle plus équilibré. Dans le nouveau plan, déjà critiqué par les défenseurs du solaire, le producteur sera payé lorsqu’il alimente le réseau et paiera sa facture lorsqu’il y puise, au prix du marché. Le pays veut également développer le stockage par batteries. Anura Karunathilaka le reconnaît, le réseau et les infrastructures ne permettent pas encore de remplacer totalement le pétrole et le charbon pour l’électricité. Mais dans dix à quinze ans, il anticipe une électricité produite à 90 ou 95 % sans ces énergies fossiles.

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