Faits Divers
Trappes, la garde à vue du suspect levée après un examen psychiatrique
Le parcours judiciaire du suspect de l’attaque de Trappes prend un détour inattendu. Sa garde à vue a été suspendue pour raisons psychiatriques, tandis…

Le parcours judiciaire du suspect de l’attaque de Trappes prend un détour inattendu. Sa garde à vue a été suspendue pour raisons psychiatriques, tandis que quatre proches restent interrogés.
L’homme de 39 ans soupçonné d’avoir tué Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine congolaise, et blessé cinq personnes dont une fillette de 12 ans à Trappes et à La Verrière, ne sera pas entendu dans l’immédiat. Après un examen psychiatrique, sa garde à vue a été levée. Il a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police à Paris pour une observation pouvant durer deux jours. Cette étape doit déterminer si son état de santé permet de reprendre les auditions.
Le parquet national antiterroriste n’a pas évoqué de schizophrénie. Des éléments de l’enquête font pourtant état d’un traitement suivi pour cette maladie, qui altère la perception du réel, les émotions et le comportement. L’analyse toxicologique a également relevé la présence de cannabis et de cocaïne dans le sang du suspect.
Le suspect a tiré en rafales depuis sa voiture dans les rues de Trappes et de La Verrière. Il a été interpellé dans un calme relevé par les policiers. Chez lui, à Plaisir, les enquêteurs ont découvert un appartement piégé avec des bouteilles de gaz et des fils électriques reliés à un minuteur. Sur place se trouvaient aussi un exemplaire de Mein Kampf, une Bible et un Coran. Dans sa Renault Clio, ils ont retrouvé un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène. Son casier judiciaire compte quatre anciennes condamnations.
Quatre membres de l’entourage familial et amical du suspect restent en garde à vue, dont ses parents. L’avocat de la famille de la victime s’est dit étonné par cette suspension, qu’il présente comme très rare en pratique. Il dénonce une tendance à convoquer vite la question psychiatrique lorsque l’attaque vient de l’extrême droite, et réclame la même exigence d’expertise et de délais pour tous les profils idéologiques.
Le chef de l’État a parlé d’un acte terroriste planifié pour tuer des compatriotes en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur prête. Il a aussi employé le mot tournant. À Trappes, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées en hommage aux victimes, et une marche blanche a été organisée. La victime, décrite comme hypersensible et appréciée, travaillait dans la sécurité et pratiquait les arts martiaux mixtes, avec l’ambition d’une carrière professionnelle. Un homme a par ailleurs été placé en garde à vue pour apologie du terrorisme après avoir qualifié le suspect de héros sur les réseaux sociaux.
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