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Moody’s maintient la note de la France en Aa3 et offre un répit à l’exécutif

L’agence de notation a choisi vendredi de ne pas dégrader la signature souveraine tricolore, alors que la plupart des analystes anticipaient une baisse…

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Moody's maintient la note de la France en Aa3 et offre un répit à l'exécutif

L’agence de notation a choisi vendredi de ne pas dégrader la signature souveraine tricolore, alors que la plupart des analystes anticipaient une baisse d’un cran. Un soulagement pour un gouvernement engagé dans une course contre la montre budgétaire.

La décision est tombée vendredi et elle va à contre-courant du consensus. Moody’s conserve la note de crédit de la France à « Aa3 », avec une perspective négative. La plupart des analystes tablaient pourtant sur un passage à « A1 », ce qui aurait aligné le pays sur les couperets déjà actionnés en 2025 par Standard & Poor’s et Fitch. Autrement dit, la France garde pour l’instant sa place dans le club des signatures que les investisseurs considèrent comme solides, même si la perspective négative maintient la menace d’un abaissement futur.

Dans son communiqué, l’agence justifie ce statu quo par une hypothèse simple. La notation « Aa3 » tient si un budget capable de réduire le déficit est bien adopté pour 2027, et si les coûts de financement comme les tensions sociales refluent un peu dans les mois qui viennent. Moody’s ne dit donc pas que tout va bien. L’agence parie sur un scénario, et ce scénario dépend directement des choix politiques à venir.

Sébastien Lecornu n’a pas boudé son plaisir. Sur son compte X, le Premier ministre a salué une annonce qui « déjoue les pronostics déclinistes de nombreux experts » et de ceux qui spéculent sur la dette française. Il a aussi insisté sur le travail du Parlement, où les forces politiques, privées de majorité, ont accepté d’ouvrir le débat budgétaire dans un calendrier normal. « Ce signal montre à nos prêteurs qu’il existe un chemin », a-t-il ajouté, en fixant l’objectif d’un budget voté d’ici la fin de l’année, conforme à une cible de 5 % de déficit. Son ministre de l’Économie, Roland Lescure, y voit de son côté la reconnaissance de la solidité de l’économie française et de la crédibilité du budget présenté dans le projet de loi de finances pour 2027, qui vise à poursuivre le rétablissement des comptes publics. Il s’est exprimé sur Bluesky et dans un communiqué publié par le ministère des Finances.

Le contexte reste lourd. Depuis les législatives anticipées de 2024, l’Assemblée nationale est coupée en trois blocs sans majorité, ce qui frôle la paralysie politique et complique chaque arbitrage budgétaire. Le projet de loi de finances mise sur un déficit de 5,4 % du PIB cette année, avec un retour à 5,0 % en 2027. La dette publique, elle, devrait atteindre 119,3 % du PIB en 2026 et grimper à 121,7 % en 2027, contre 115,7 % en 2025. Des chiffres qui expliquent pourquoi la France peine tant à rassurer.

Concrètement, cette note pèse sur le quotidien du financement public. Une dégradation réduirait le nombre d’investisseurs capables ou disposés à détenir des obligations françaises, ou à les accepter en garantie. Or les coûts d’emprunt de la France dépassent déjà ceux de pays moins bien notés comme l’Italie. Les investisseurs scrutent deux choses, le niveau du déficit, l’un des plus élevés de la zone euro, et l’incertitude autour de la présidentielle prévue les 18 avril et 2 mai. Les sondages laissent entrevoir un duel entre Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, et Jean-Luc Mélenchon, figure de La France insoumise. Le répit accordé par Moody’s ne vaut donc que jusqu’au prochain vote.

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