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Un budget débattu dans un hémicycle clairsemé et des esprits déjà ailleurs

Les discussions budgétaires se déroulent devant des bancs souvent vides, avec le sentiment que les décisions se prennent hors de l’Assemblée. Entre 49.3…

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Un budget débattu dans un hémicycle clairsemé et des esprits déjà ailleurs

Les discussions budgétaires se déroulent devant des bancs souvent vides, avec le sentiment que les décisions se prennent hors de l’Assemblée. Entre 49.3, échéances électorales et travail en circonscription, beaucoup d’élus ne trouvent plus de sens à l’exercice.

Depuis que l’exécutif doit composer avec une majorité relative, chaque budget de l’État a été adopté via l’article 49 alinéa 3. Ce mécanisme laisse le gouvernement réécrire sa copie et réduit fortement la portée des votes parlementaires. Pour l’exercice en cours, la lassitude saute aux yeux. Un conseiller parlementaire assure n’avoir jamais connu un débat budgétaire de ce genre et juge vertigineux le désintérêt général. Les séances attirent peu de monde, avec des scrutins qui rassemblent parfois à peine une centaine de députés, voire moins.

Il arrive que l’hémicycle se réveille, notamment sur la taxation des hauts patrimoines, la taxe Zucman ou la réforme des exonérations de cotisations patronales. Le plus souvent, les échanges restent ternes et mécaniques. Des élus de tous bords, y compris du camp gouvernemental, suppriment des pans entiers du texte, tandis que le ministre du budget met en garde contre une envolée virtuelle du déficit. Un cadre du RN estime que la majorité se désintéresse encore plus que d’habitude et que le gouvernement a abandonné le débat. Un proche de la dirigeante du RN ajoute que plus personne de rationnel ne croit que l’Assemblée tranche réellement les choses.

L’exercice précédent avait accouché d’un accord, au prix d’une suspension de la réforme des retraites. Cette fois, aucun compromis ne se dessine. Une responsable socialiste du budget de la Sécurité sociale déplore que personne au gouvernement ou dans le bloc central ne soit venu discuter d’un arrangement exceptionnel. Pour un leader de gauche, cet horizon bouché explique en partie la faible mobilisation. Les manifestations et la contestation sociale comptent aussi, plusieurs collègues étant restés en circonscription, sans oublier l’ombre écrasante de la présidentielle. Un soutien d’un candidat Renaissance résume l’état d’esprit en souhaitant se débarrasser du budget au plus vite. Chacun sait que les prochaines législatives approchent, et des élus se demandent pourquoi sacrifier des heures précieuses sur le terrain pour une chambre où ils pensent ne servir à rien.

Pour conjurer la sinistrose, des chefs de groupes montent au créneau. Le patron du MoDem rappelle que si les parlementaires se fichent du budget, ils ne savent pas de quoi ils pourront bien débattre, car c’est le nerf de la guerre. Son homologue à Horizons se dit désespéré de voir les présidents de séance écarter autant d’amendements non défendus faute d’auteurs présents, et martèle que les combats perdus d’avance sont ceux que l’on ne mène pas. Alors que la hausse des taux d’emprunt et la charge de la dette publique occupent le devant de la campagne présidentielle, le rapporteur général du budget de l’État s’alarme des amendements qui aggravent le déficit, même virtuellement, avec un risque de méfiance généralisée sur les marchés. Il plaide pour un 49.3 rapide. Le président insoumis de la commission des Finances conteste pour sa part l’idée d’un désintérêt et dit observer l’inverse en circonscription, jusqu’à noter un paradoxe depuis que l’Assemblée ne vote plus le budget, les citoyens s’y intéressent davantage.

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