Société
Chez Micron, les salariés taïwanais rejettent l’offre de partage des bénéfices
Le personnel de l’usine de Taoyuan a voté contre la proposition de prime avancée par le géant américain des puces. Le bras de fer sur le partage des…

Le personnel de l’usine de Taoyuan a voté contre la proposition de prime avancée par le géant américain des puces. Le bras de fer sur le partage des profits générés par l’intelligence artificielle est loin d’être réglé.
Les puces qui font tourner les centres de données d’intelligence artificielle rapportent énormément. Micron, qui fabrique entre la moitié et 60 % de ses composants à Taïwan, en profite pleinement, et son action a grimpé de plus de 300 % en l’espace d’un an. Sauf que dans les ateliers, la réalité est tout autre. Une partie du personnel réclame sa part de ces profits records, et la tension avec la direction ne cesse de monter.
À Taoyuan, le refus est net. Environ 70 % des plus de 2 300 adhérents du syndicat local ont voté contre le système de partage des bénéfices que l’entreprise leur a soumis. Un mouvement de grève de faible ampleur a même été lancé pour peser sur les échanges. Le syndicat reproche à Micron de n’avoir répondu à aucune de ses revendications lors des négociations du 21 octobre, et prévient que d’autres actions collectives pourraient suivre afin d’obtenir une répartition plus équitable.
La direction a pourtant mis des mesures sur la table. Le président de Micron Taïwan, Lu Donghui, a évoqué l’instauration, à partir de l’exercice 2027, d’une prime trimestrielle de partage des bénéfices pour tout le personnel mondial, qui s’ajouterait à la prime annuelle existante. Sur le sol taïwanais, les cotisations de retraite et les indemnités de poste doivent également être revalorisées. Un accord a bien été trouvé du côté de Taichung, la plus grande des deux usines, mais le syndicat de Taoyuan estime l’offre trop maigre.
Les deux syndicats, qui représentent 12 000 des 15 000 salariés des sites de Taoyuan et de Taichung, portent une demande autrement plus ambitieuse. Ils réclament une prime exceptionnelle équivalant à 83 mois de salaire, ainsi qu’un mécanisme permanent reversant 15 % du bénéfice d’exploitation aux primes des travailleurs, distribuées chaque trimestre plutôt qu’une fois par an. Le précédent sud-coréen nourrit leur détermination, puisque Samsung Electronics a évité la grève en accordant à ses employés de la division semi-conducteurs des primes représentant 10,5 % de son bénéfice d’exploitation.
Le syndicat de Taoyuan affirme par ailleurs continuer de recevoir des signalements de mécontentement de la part des salariés de base de Taichung, signe que la grogne dépasse le seul site du nord de l’île. Micron n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations. La prochaine séance de discussions est fixée au 27 octobre, la réunion initialement prévue ayant été reportée à cause d’un typhon. D’ici là, la mobilisation reste ouverte, et le message du syndicat est limpide. Le combat n’est pas terminé, personne n’a abandonné.
À lire aussi

Faits DiversEn Ligne 6 joursÀ Lille, la mairie forcée et l’Apple Store pillé
Faits DiversEn Ligne 6 joursLimoges regarde son hôtel de ville partir en fumée
CultureEn Ligne 6 joursCéline Dion referme en beauté son marathon parisien
SociétéEn Ligne 5 joursÀ Limoges, la mairie brûle et le maire accuse l’État d’avoir lâché ses policiers
SociétéEn Ligne 7 joursÉlèves, gilets jaunes et syndicats unissent leurs colères dans la rue
Faits DiversEn Ligne 5 joursDes commerces du 11e arrondissement pris pour cible après la manifestation
PolitiqueEn Ligne 2 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
PolitiqueEn Ligne 4 joursVinted, eBay et Leboncoin sous pression après les pillages du week-end
















