Économie
La zone euro perd son élan, la France décroche
La croissance de l’activité privée européenne a ralenti en octobre, plombée par la flambée des coûts de l’énergie. La France, elle, inquiète avec une…

La croissance de l’activité privée européenne a ralenti en octobre, plombée par la flambée des coûts de l’énergie. La France, elle, inquiète avec une confiance des entreprises au plus bas depuis 2012.
L’indice PMI composite de la zone euro est retombé à 51,9 points en octobre, contre 53,1 en septembre. Les analystes espéraient 52,7. Un chiffre au-dessus de 50 signale toujours une expansion, mais celle-ci s’essouffle et s’installe à son rythme le plus faible depuis juin. Le secteur des services pèse lourd dans ce coup de frein, avec un indice à 51,7 point, son plus bas niveau depuis deux mois, là où le marché attendait 52,5. L’industrie manufacturière suit la même pente, à 52,4 contre 52,9 le mois précédent.
Derrière ces chiffres, il y a une facture qui s’alourdit. Les coûts supportés par les entreprises ont accéléré pour le deuxième mois d’affilée, tirés par l’énergie, les carburants et le transport, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient. Conséquence directe, les marges se resserrent. Les entreprises ont relevé leurs prix de vente, mais moins fort qu’en septembre. Elles répercutent donc une partie seulement de leurs surcoûts, ce qui rogne leur rentabilité.
La remontée des taux d’intérêt commence également à produire ses effets en bridant la demande. Ce mélange d’une croissance encore positive et d’une inflation qui s’accroche nourrit les paris sur un tour de vis monétaire plus musclé de la Banque centrale européenne. Le moral des entreprises, lui, a chuté à son plus bas niveau depuis cinq mois, avec la plus forte dégradation dans le secteur manufacturier.
La France fait figure d’exception dans le tableau, mais pas dans le bon sens. Le pays, sous pression financière et secoué par des turbulences politiques, voit son indice PMI pointer vers une contraction de son économie. Sa confiance des entreprises est tombée à son niveau le plus faible depuis 2012, si l’on met de côté les années de pandémie.
Du côté de la demande, les nouvelles commandes dans la zone euro progressent, mais à leur allure la plus lente depuis le début de la phase d’expansion en cours, entamée il y a quatre mois. Industrie et services n’affichent que de modestes hausses. Une bonne nouvelle vient toutefois des commandes à l’export, en growth pour le troisième mois consécutif après près de quatre ans et demi de reculs mensuels sans interruption. Leur rythme dépasse même celui de l’ensemble des nouvelles commandes.
L’emploi, enfin, tourne au ralenti. Les embauches ont à peine bougé, après de légères hausses les deux mois précédents. La création de postes dans les services est descendue à son plus bas depuis cinq mois, et les effectifs de l’industrie ont reculé après deux mois d’amélioration.
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