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Parcoursup sous pression, l’exécutif promet des retouches sans renoncer à la plateforme

Les organisations étudiantes et lycéennes réclament la fin pure et simple de Parcoursup. Le gouvernement refuse et préfère bricoler des améliorations…

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Parcoursup sous pression, l'exécutif promet des retouches sans renoncer à la plateforme

Les organisations étudiantes et lycéennes réclament la fin pure et simple de Parcoursup. Le gouvernement refuse et préfère bricoler des améliorations, étudiées à marche forcée.

Le dossier Parcoursup ne disparaîtra pas de sitôt. Malgré la mobilisation qui agite lycées et facs depuis des semaines, l’abrogation réclamée par les organisations étudiantes et lycéennes est écartée. La méthode retenue est plus modeste. Une concertation menée tambour battant, avec trois groupes de travail lancés dans l’urgence pour une dizaine de jours, chargés de dégager des pistes concrètes.

Le climat reste tendu. Des organisations étudiantes, le Snes-FSU et la CGT ont claqué la porte, en contestant la présence du syndicat l’Uni, qu’elles qualifient d’antisémite et de fasciste. L’Unsa a suivi en quittant les discussions, dénonçant un simulacre de concertation, avec des revendications lycéennes caricaturées et un plan de solutions qui ne laisse aucune marge.

Premier chantier, l’orientation, aujourd’hui le parent pauvre du lycée. Les élèves devraient bénéficier de 54 heures par an, soit 1h30 par semaine, un volume rarement assuré, comme l’a relevé un rapport parlementaire. Laetitia Aresu, secrétaire générale de la CFDT Education, décrit le terrain, des professeurs principaux qui héritent d’une dizaine d’heures de vie de classe non inscrites à leur emploi du temps et qui relèvent selon elle du bénévolat. La réforme Blanquer de 2018 a en outre éclaté les classes, compliquant le suivi des élèves. Gilles Roussel, qui préside la concertation, veut davantage d’orientation dès la seconde.

Deuxième piste, la suppression du lycée d’origine dans les dossiers. Les formations voient aujourd’hui l’établissement fréquenté par chaque candidat, ce que les lycéens dénoncent de longue date comme une fabrique d’inégalités. Le sujet reste délicat. Un cadre de l’enseignement supérieur, qui s’exprime sous couvert d’anonymat, rappelle que les établissements n’ont plus grand-chose d’autre pour évaluer les candidats, et que certaines formations regardent bel et bien la réputation du lycée, même si ce n’est pas majoritaire. Côté gouvernement, on juge la mesure légitime à examiner, tout en prévenant qu’elle est plus complexe qu’il n’y paraît.

Troisième chantier, le contrôle continu. Gilles Roussel, également à la tête du comité éthique et scientifique de Parcoursup, plaide pour des notes de référence communes, sous forme de banque d’épreuves ou de QCM normalisés. Le calendrier pose problème. Les épreuves de spécialité du bac, identiques partout en France, ont été déplacées au mois de juin depuis la session 2024 et arrivent donc trop tard pour peser, les voeux étant formulés dès janvier et les dossiers clos au printemps.

Quatrième piste, la transparence. La concertation cherche à rendre plus lisibles les critères de classement des candidatures. Un rapport parlementaire recommandait de publier les algorithmes propres à chaque formation, ou au moins d’expliquer comment les critères sont hiérarchisés. Bruno Bouchard, président de l’université Paris-Dauphine, se dit prêt à aller plus loin en publiant aussi le score du dernier retenu, une façon de rendre le système plus prévisible.

Reste la question des capacités d’accueil. Le gouvernement reconnaît des tensions réelles, en particulier en Île-de-France et pour les bacheliers professionnels et technologiques. Ouvrir des places suppose un budget. Les organisations étudiantes en réclament 250 000, quand les présidents d’universités en avancent 2 000. L’écart donne la mesure du chantier.

Le ministre chargé de l’Enseignement supérieur évoque aussi un outil à rendre plus ergonomique, plus simple, mieux adapté au parcours réel de l’utilisateur. Un changement de nom de la plateforme a circulé, tout comme une refonte du calendrier. Il attend des participants des propositions concrètes et hiérarchisées, avec une question en creux, à quelle échéance elles pourraient voir le jour, 2027 ou plus tard. Le ministre de l’Education nationale a promis de premières décisions pour les lycéens mobilisés. La carte des formations doit être mise en ligne en décembre et les inscriptions ouvriront en janvier.

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