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Un géant de 2,4 tonnes quitte Paris pour donner un avenir à son espèce

Wami, rhinocéros blanc de 15 ans, a quitté le parc zoologique de Paris pour le Mexique. Ce transfert vise à préserver la diversité génétique d’une espèce…

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Un géant de 2,4 tonnes quitte Paris pour donner un avenir à son espèce

Wami, rhinocéros blanc de 15 ans, a quitté le parc zoologique de Paris pour le Mexique. Ce transfert vise à préserver la diversité génétique d’une espèce quasi menacée, alors que le plan d’élevage européen arrive à saturation.

Les équipes du parc zoologique de Paris ont accompagné avec émotion le départ de Wami, un rhinocéros blanc devenu l’un des visages du site. L’animal de 15 ans, pesant 2,4 tonnes, a pris la direction du Mexique. L’objectif est clair, renforcer la diversité génétique de cette espèce classée quasi menacée par l’UICN.

Le transfert n’a pas été une formalité. Il a fallu plus d’une heure pour convaincre le rhinocéros d’entrer dans un conteneur blanc et vert marqué du nom du Zoologico Guadalaraja, présenté comme l’un des principaux établissements zoologiques du Mexique. Direction ensuite l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, où trois femelles venues d’Allemagne et du Safari Peaugres, en Ardèche, attendaient Wami. Tous devaient embarquer dans un avion cargo affrété pour un vol de douze heures.

À l’arrivée, le parc zoologique de Paris gardera un mâle et deux femelles. Le départ de Wami répond à une contrainte de place. En Europe, le plan d’élevage est saturé. La reproduction fonctionne bien et les capacités d’accueil diminuent. Quelque 326 rhinocéros blancs vivent dans 83 parcs de l’Association européenne des zoos et aquariums, avec 5 à 10 naissances par an. En captivité, leur espérance de vie peut atteindre 35 à 40 ans.

Le vétérinaire du parc insiste sur l’enjeu génétique. La semence de Wami a déjà servi à la reproduction artificielle dans d’autres parcs européens. Son patrimoine génétique compte toutefois davantage sur un continent où aucun de ses ancêtres n’est présent. Dans la nature, il ne reste que 16 000 à 17 000 individus, répartis sur cinq ou six pays africains. La survie de l’espèce tient à peu de chose, et les animaux détenus en Europe comme sur le continent américain pèsent dans cet équilibre.

Des projets de réintroduction commencent à voir le jour. Ils demandent de la patience, avec un horizon de 10 à 15 ans. La maturité sexuelle, la reproduction et la gestation prennent du temps. Le retour sur le sol africain doit se faire par étapes, en laissant d’abord les animaux se reproduire dans une zone contrôlée, avant d’élargir progressivement l’espace.

La préparation du départ a mobilisé les équipes en amont pour limiter les imprévus. La porte du conteneur, pilotée mais trop lente, a dû être actionnée avec des poulies afin d’éviter que l’animal ne ressorte brusquement. Déplacer un rhinocéros de 2,4 tonnes, doté d’une force colossale, reste stressant pour tous. Pour son bien-être, des produits ont été utilisés afin de le tranquilliser doucement mais sur une longue durée, le temps du voyage et de l’acclimatation.

Wami voyage avec son soigneur habituel pendant cinq jours. À sa sortie, il devra découvrir son nouvel environnement. La présence d’une personne dont il connaît la voix et les gestes peut le rassurer. Le soigneur transmettra aussi aux équipes qui l’accueilleront sa façon de travailler et le comportement de l’animal, des informations utiles pour une bonne transition.

Né au zoo de Beauval, Wami est arrivé à Paris en 2014, au moment de la réouverture du parc après de grands travaux. Il a été l’un des premiers grands pensionnaires de ce nouveau zoo et a accompagné l’arrivée d’autres espèces. Les équipes ont agrandi le site autour de lui, imaginé des entraînements en coopération avant de les étendre à d’autres animaux. Les soigneurs ont beaucoup appris à ses côtés et plusieurs projets de recherche lui ont été associés. Son départ laisse un pincement au cœur, mais le lien ne s’arrête pas là. Le parc continuera à prendre de ses nouvelles.

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