Monde
Aramco évacue son siège et renvoie ses salariés en télétravail après des frappes meurtrières
Le géant pétrolier saoudien a demandé aux derniers employés présents à Dhahran de quitter les locaux et de travailler à distance, après des frappes…

Le géant pétrolier saoudien a demandé aux derniers employés présents à Dhahran de quitter les locaux et de travailler à distance, après des frappes meurtrières sur l’aéroport de Dammam. Cette décision montre à quel point les attaques houthies contre les infrastructures civiles du royaume pèsent désormais sur la vie économique.
L’ordre est tombé sans explication détaillée. Les salariés encore présents au siège d’Aramco, à Dhahran, ont été priés de quitter les lieux et de rester chez eux jusqu’à nouvel ordre. La plupart travaillaient déjà à distance depuis qu’une tour du bâtiment avait été touchée par une frappe. Les quartiers résidentiels voisins, eux, n’ont pas été évacués.
Cette évacuation intervient dans un climat qui se dégrade vite. Une attaque contre l’aéroport de Dammam, à quelques kilomètres de Dhahran, a tué deux personnes, un Saoudien et un Indien, et fait huit blessés. Les États-Unis ont de leur côté ordonné le départ des employés non essentiels de leur ambassade à Riyad et de leurs familles, en pointant la montée des hostilités houthies contre l’Arabie saoudite. Le royaume a déjà fermé l’aéroport de Riyad et reporté le rendez-vous financier surnommé le Davos du désert.
Les attaques contre des sites pétroliers et des aéroports saoudiens ont pris une ampleur inédite depuis le début du conflit yéménite en 2014. Elles ont fait 22 morts dans des attaques visant des aéroports saoudiens ces dernières semaines. Les Houthis affirment avoir ciblé une installation d’Aramco au terminal pétrolier de Yanbu, sur la mer Rouge, et le champ de Chaybah, près de la frontière avec les Émirats arabes unis. La coalition menée par Riyad dit avoir abattu des drones dans les régions de Riyad et de Médine, la deuxième ville sainte de l’islam. Elle affirme aussi avoir intercepté six drones et rapporte deux morts après l’interception d’un tir au-dessus de Chaybah. Les Houthis contestent avoir mené des attaques.
Le conflit yéménite a repris après une accalmie entamée en 2022. Depuis juillet, il ouvre un nouveau front au Moyen-Orient. En septembre, les Houthis ont pris le littoral yéménite sur la mer Rouge, ce qui renforce leur contrôle du détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage stratégique, alors que Téhéran verrouille le détroit d’Ormuz de l’autre côté de la péninsule arabique, accroît le pouvoir de négociation de l’Iran et donne aux rebelles un levier considérable face à Riyad. L’armée de l’air saoudienne frappe régulièrement les Houthis en réponse.
Sur le plan diplomatique, l’Égypte appelle à explorer toutes les pistes possibles pour aboutir à des solutions politiques entre l’Arabie saoudite et les combattants houthis. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, insiste sur cette nécessité. Mais sur le terrain, la logique militaire reste dominante et les infrastructures civiles saoudiennes continuent de payer le prix de l’engrenage.
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