Politique
Macron encadre les manifestations et renforce le dispositif sécuritaire
Le chef de l’État veut éviter une nouvelle journée de violences et fixe des conditions strictes aux rassemblements à venir. Le Premier ministre reçoit les…

Le chef de l’État veut éviter une nouvelle journée de violences et fixe des conditions strictes aux rassemblements à venir. Le Premier ministre reçoit les partis tandis que les forces de l’ordre préparent un déploiement renforcé.
Emmanuel Macron a tranché. Sa recommandation générale est simple, pas de manifestation dans les jours qui viennent. Les demandes portées par des gens sans légitimité seront refusées. Celles qui viennent d’organisations syndicales pourront être autorisées, mais avec des tracés alternatifs pensés pour protéger les centres-villes, les commerces et les bâtiments. Le président assume un cap, le retour au calme, et prévient que ce n’est pas le moment de défiler. Il a aussi réuni les services de renseignement, critiqués pour leur anticipation insuffisante, et réclame la plus grande dureté contre les actes de délinquance et contre les groupes d’ultragauche accusés d’avoir voulu faire tomber la République lors de la mobilisation qui a dégénéré.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit recevoir les partis à Matignon, avec Laurent Nuñez à l’Intérieur, Gérald Darmanin à la Justice, les responsables des renseignements et des forces de l’ordre. Il promet la transparence sur le déroulement de la mobilisation qui a dégénéré, même si plusieurs invités vivent la rencontre comme une convocation. Jordan Bardella, Marine Le Pen et Édouard Philippe se font représenter. La France insoumise réclame des excuses et veut porter les revendications des manifestants, notamment l’abrogation de Parcoursup, dix milliards d’euros pour les lycéens et des mesures sur le coût de la vie. Sébastien Lecornu doit aussi rassurer les maires de Paris, Lyon et Marseille sur les moyens engagés.
Le dispositif sera nettement plus lourd que lors de la précédente journée. Le niveau de mobilisation des forces de l’ordre sera 20 % supérieur, avec des blindés, des militaires de la force Sentinelle et des unités d’élite de la police et de la gendarmerie. D’autres décisions doivent être arrêtées lors d’un conseil de défense. Les interdictions se multiplient déjà à Paris, Rouen et Toulon. Lyon interdit toute manifestation. À Paris, un seul cortège est autorisé entre Bastille et Nation, et la Ville appelle à la plus grande vigilance face aux risques de violences sans lien avec le mouvement social.
Ce tour de vis est dénoncé comme liberticide à gauche, tandis que la droite accuse le gouvernement d’être laxiste. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon répond à une situation particulière et insiste sur un point, ce qui s’est passé ne doit pas se reproduire. Les commerçants, eux, redoutent la prochaine journée. Entre 2 000 et 3 000 commerces ont été pillés ou dégradés lors des violences précédentes. Pierre Bosche, président de la Confédération des commerçants de France, résume l’état d’esprit, l’inquiétude est maximale.
La tension ne se limite pas aux rues. Le congrès du Rassemblement national à Orléans se tient en parallèle, et plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues à l’appel d’organisations qui veulent protester contre le racisme. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure et la numéro un de la CGT Sophie Binet doivent y participer. La réponse pénale aux violences continue aussi. Dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges, un deuxième suspect âgé de 66 ans a été interpellé.
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