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Deux policiers accusés de viols à Bobigny ressortent libres sous bracelet électronique

Une femme dit avoir été violée à deux reprises dans l’enceinte du tribunal de Bobigny, où elle était retenue. Mis en examen, les deux policiers quittent…

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Deux policiers accusés de viols à Bobigny ressortent libres sous bracelet électronique

Une femme dit avoir été violée à deux reprises dans l’enceinte du tribunal de Bobigny, où elle était retenue. Mis en examen, les deux policiers quittent la détention provisoire pour une assignation à résidence, contre l’avis du parquet qui redoutait des pressions sur la plaignante.

Tout se noue au sous-sol du palais de justice de Bobigny, dans ce dépôt où l’on fait patienter ceux que la justice s’apprête à regarder en face. Une femme y est présentée au parquet dans la nuit du 28 au 29 octobre 2025. Elle accuse deux policiers de l’avoir violée par deux fois. Les fonctionnaires, âgés de 36 et 24 ans, ont été mis en examen et écroués le 1er novembre pour viols et agressions sexuelles aggravés, une circonstance qui renvoie à l’autorité attachée à leurs fonctions. Ils ne contestent pas les rapports sexuels. Ils affirment qu’ils étaient consentis.

La cour d’appel de Paris a validé leur sortie de détention, sous assignation à résidence et bracelet électronique, en attendant la fin des investigations. Le parquet voulait tout autre chose. Il a réclamé à plusieurs reprises leur retour en prison, en avançant deux séries d’arguments. D’un côté, le trouble manifeste et persistant à l’ordre public qu’entraîne un acte sexuel commis sur une personne placée sous main de justice. De l’autre, le risque de pression sur la victime et de concertation entre les deux mis en examen. Les juges d’instruction comme les magistrats de la cour d’appel n’ont suivi aucune de ces réquisitions. L’information judiciaire, elle, se poursuit, et le parquet souligne que de nombreux actes ont déjà été accomplis.

Le nœud du dossier reste la question du consentement. Après la mise en examen, la procureure de Paris avait indiqué que les déclarations de la plaignante avaient été corroborées par une série d’éléments du dossier, à commencer par une vidéo retrouvée sur le téléphone portable de l’un des policiers, exactement comme la femme l’avait décrite. De quoi, selon elle, donner du crédit à sa parole et fragiliser l’idée d’un accord librement donné. La plaignante se trouvait retenue dans le dépôt d’un palais de justice, privée de sa liberté d’aller et venir, donc placée dans une situation de contrainte physique.

L’affaire a laissé des traces bien au-delà du prétoire. Les deux agents ont été suspendus sans délai, et le ministre de l’Intérieur de l’époque avait jugé ces agissements extraordinairement graves et inacceptables s’ils venaient à être établis. Le barreau de Seine-Saint-Denis a réagi à sa manière, en suspendant pendant deux semaines les interventions de ses avocats aux permanences pénales de Bobigny, deuxième tribunal de France. Puis une série de mesures a été annoncée par la juridiction. Caméras-piétons activées à chaque passage en cellule, présence systématique d’une policière au sein de l’équipe de nuit.

Ce dépôt, où des dizaines de personnes attendent chaque jour avant d’être jugées en comparution immédiate ou présentées à un magistrat, reste au cœur des critiques. Le barreau de Seine-Saint-Denis a de nouveau tiré la sonnette d’alarme sur les conditions indignes dans lesquelles des mineurs ont passé la nuit après leur interpellation en marge du mouvement lycéen ou de pillages. Le procureur de Bobigny a reconnu que ces jeunes n’avaient pas pu être accueillis dans des conditions acceptables. Une reconnaissance qui prolonge la même interrogation, celle du sort réservé aux personnes qui transitent par ces murs.

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