Économie
Eni gonfle le portefeuille de ses actionnaires après un trimestre qui change d’échelle
Le géant italien de l’énergie a plus que doublé son bénéfice net entre juillet et septembre. Il en reverse une partie sous forme de dividende exceptionnel…

Le géant italien de l’énergie a plus que doublé son bénéfice net entre juillet et septembre. Il en reverse une partie sous forme de dividende exceptionnel et renforce son programme de rachat d’actions.
Le groupe énergétique contrôlé par l’État italien a publié un bénéfice net ajusté de 2,8 milliards d’euros pour la période juillet-septembre. Un an plus tôt, la même case affichait 1,25 milliard. Le bond est net, et il dépasse aussi ce que le marché attendait, puisque les analystes tablaient sur 2,48 milliards selon le consensus compilé par l’entreprise elle-même. Deux moteurs expliquent cette poussée. D’abord la flambée des prix du pétrole et du gaz liée à la guerre au Moyen-Orient. Ensuite la hausse des marges de raffinage à travers l’Europe, qui a gonflé les résultats du groupe.
Résultat, Eni peut arroser ses actionnaires. Un dividende exceptionnel de 0,46 euro par action sera versé au quatrième trimestre, soit 1,3 milliard d’euros au total. Le programme de rachat d’actions est lui aussi relevé, à 3,8 milliards d’euros. Claudio Descalzi, le directeur général, résume la logique dans le communiqué du groupe. Il parle d’un engagement continu à partager la valeur créée avec les actionnaires. La confiance se lit aussi dans les prévisions. Eni vise désormais 16,5 milliards d’euros de flux de trésorerie opérationnel sous-jacent, contre 15 milliards annoncés plus tôt.
Côté extraction, la machine tourne plus vite que prévu. La production sous-jacente d’hydrocarbures a progressé de 7 % sur un an, à 1,83 million de barils équivalent pétrole par jour au troisième trimestre. Cette accélération vient de projets qui montent en puissance en Afrique de l’Ouest, au Mexique et en Norvège, ainsi que de Searah, la coentreprise lancée avec la malaisienne Petronas. Le groupe a également découvert 1,23 milliard de barils de nouvelles ressources en hydrocarbures depuis le début de l’année, un volume très au-dessus de son objectif. Pour l’ensemble de l’exercice, la direction anticipe une hausse de production de 6 % à 7 %, portée par ses chantiers en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et en Afrique.
Ce que ça change concrètement, c’est du cash dans la poche des porteurs de titres, à un moment où le secteur profite d’un contexte de prix tendu. Et un signal envoyé au marché sur la solidité des comptes, puisque l’entreprise relève à la fois ses prévisions de trésorerie et son retour vers les actionnaires. Reste que cette dynamique doit beaucoup à l’environnement des prix de l’énergie. La suite dépendra de la capacité d’Eni à faire grimper ses volumes sans ce coup de pouce, en misant sur les gisements déjà lancés et sur les découvertes à transformer en production.
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