Société
Une manif sous contrôle, mais jusqu’à quand
La mobilisation pour le pouvoir d’achat et les services publics a rassemblé entre 410 000 et 800 000 personnes dans le pays, avec des violences en net…

La mobilisation pour le pouvoir d’achat et les services publics a rassemblé entre 410 000 et 800 000 personnes dans le pays, avec des violences en net recul par rapport au 17 octobre. Les autorités restent toutefois en alerte, de nouveaux appels à manifester étant déjà lancés.
La rue a fait entendre sa colère sans que la journée ne bascule dans le chaos. Les cortèges pour le pouvoir d’achat et la défense des services publics ont rassemblé entre 410 000 et 800 000 personnes dans le pays, dont 110 000 à 250 000 à Paris. Des heurts et quelques pillages ont bien eu lieu en fin de cortège dans plusieurs villes, mais rien de comparable avec la journée du 17 octobre, marquée par des violences, des dégradations et des pillages.
Le dispositif a été musclé. Quelque 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés, soit 20 % de plus, avec des rappels de congés pour tenir ce niveau. Le ministre de l’Intérieur a demandé aux forces d’être mobiles, agiles et réactives face aux groupes tentés par les exactions. Des moyens collectifs de défense ont été engagés, notamment les Centaure, ces véhicules blindés de la gendarmerie. À Paris, le parcours autorisé, de la porte d’Italie à la porte de Vincennes, loin du centre, des commerces et des sites touristiques, a probablement aidé. Un policier spécialiste du maintien de l’ordre parle d’une capacité quasi maximale et prévient que les forces ne pourront pas être partout et suffisamment fortes. En fin de cortège, il estime qu’il y avait 2 000 individus très violents, quand la préfecture de police en comptait 500. Les effectifs ont tenu et les ont contenus.
Les chiffres donnent la mesure du changement. Le bilan provisoire des autorités fait état de 1 314 interpellations, contre 2 628 lors de la précédente journée d’action. Les forces de l’ordre blessées sont 53, contre 1 144. Les incendies sur la voie publique tombent à 75, contre 2 025. Les commerces pillés sont 24, alors que 1 522 avaient été touchés le 17 octobre. Les interdictions de manifester dans de nombreuses villes, les parcours hors des centres-villes, les contrôles en amont, les saisies de masques, lunettes, cagoules et mortiers d’artifice, ainsi que les verbalisations, ont éloigné le risque de dégradations et de pillages.
La stratégie a payé, mais elle ne règle pas la suite. De nouveaux appels à manifester ont été lancés pour les prochains jours et le 5 novembre. Les forces de l’ordre se préparent donc à nouveau, avec des organismes fatigués et des blessés dans leurs rangs. Un policier parisien résume la détermination du terrain. Les équipes seront là, dit-il en substance, parce que laisser les gens seuls n’est pas dans leur habitude. Il rappelle aussi que les forces de l’ordre ont déjà tenu pendant des mois lors de mobilisations précédentes.
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