Société
Les livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
Le syndicat majoritaire des coursiers indépendants réclame aux plateformes de suspendre les commandes dans les zones de tension et de garantir un revenu à…


Le syndicat majoritaire des coursiers indépendants réclame aux plateformes de suspendre les commandes dans les zones de tension et de garantir un revenu à ceux qui se retrouvent bloqués. Deliveroo et Uber Eats assurent avoir déjà pris des mesures.
Le syndicat Union-Indépendants, majoritaire chez les livreurs à vélo et troisième chez les chauffeurs VTC, a interpellé Uber Eats et Deliveroo. Il veut obtenir des garanties de sécurité pour les prochaines mobilisations. Sa demande principale, suspendre les commandes dans les périmètres dangereux.
Fabian Tosolini, délégué national du syndicat, décrit ce que vivent les travailleurs. « Nous avons eu énormément de remontées de livreurs et de chauffeurs VTC qui se sont retrouvés au milieu du chaos sans pouvoir se mettre en sécurité », a-t-il expliqué. Le constat s’appuie sur des faits. Les 17 et 18 octobre, des coursiers ont dû traverser des cortèges noyés sous les lacrymogènes. Des chauffeurs VTC ont emprunté des rues à contresens pour fuir les charges de CRS. Beaucoup se sont retrouvés au cœur des affrontements.
Au-delà de la suspension des commandes, Union-Indépendants veut que les travailleurs puissent annuler une course sans perdre leur rémunération. L’organisation réclame aussi une compensation financière pour le manque à gagner et un dispositif d’alerte en temps réel pour informer des zones à risque. Elle invite les restaurateurs et les clients à la responsabilité, en évitant de solliciter des livreurs dans des secteurs tendus. Les plateformes devraient, selon elle, suspendre temporairement les courses dans ces cas. Ces requêtes ont également été transmises aux ministères du Travail et des Transports.
Les plateformes répondent chacune à leur manière. Deliveroo affirme avoir suspendu son service à plusieurs endroits en France, notamment dans certaines zones parisiennes, ces jours-là, afin de protéger les livreurs et les usagers. L’entreprise dit avoir contacté les coursiers touchés et avoir lancé l’indemnisation des commandes qui n’ont pas pu être livrées. Uber Eats explique avoir communiqué les mesures adoptées aux livreurs et aux restaurateurs. La société rappelle que les coursiers choisissent librement de travailler ou non, qu’ils peuvent décliner une commande sans conséquence sur leur compte ou leur accès aux courses, et qu’ils disposent d’un moyen de signaler toute situation risquée. Une réponse qui porte sur le refus d’une course. Le syndicat, lui, réclame la possibilité d’annuler une commande déjà acceptée sans perdre sa rémunération.
Derrière ces échanges, un secteur qui pèse lourd. Les dernières statistiques officielles de l’autorité de régulation recensaient en 2024 122 000 travailleurs indépendants de plateformes en France. Parmi eux, 51 000 chauffeurs et 71 000 livreurs. Autant de personnes exposées aux tensions des manifestations.
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