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Rennes-Vezin, la prison où 988 hommes se partagent 712 places

À Rennes-Vezin, la surpopulation pèse sur le quotidien des détenus comme sur le travail du personnel. Dans une cellule de moins de dix mètres carrés, deux…

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Rennes-Vezin, la prison où 988 hommes se partagent 712 places

À Rennes-Vezin, la surpopulation pèse sur le quotidien des détenus comme sur le travail du personnel. Dans une cellule de moins de dix mètres carrés, deux hommes rangent tout pour rendre la promiscuité plus tenable.

À Rennes-Vezin, 988 hommes sont détenus pour 712 places. Le centre pénitentiaire, ouvert en 2010 et réservé aux hommes majeurs, a frôlé les 1 000 détenus pendant l’été. La directrice arrivée en février décrit une machine qui se bloque, avec trente postes d’agents pénitentiaires manquants. Elle regrette aussi que trois cellules aient déjà dû accueillir quatre personnes. Les séjours plus longs et les effectifs insuffisants nourrissent cette pression.

Dans une cellule de moins de dix mètres carrés, deux détenus s’appliquent à tout ranger. L’un d’eux, incarcéré depuis 31 mois et qui souhaite rester anonyme, raconte que le trio a existé dans cet espace et que la vie y devenait compliquée. Une députée socialiste d’Ille-et-Vilaine est venue écouter ces conditions de détention. Le duo nettoie chaque jour, une manière de garder la main sur un quotidien très contraint.

Un contrôle officiel rendu en septembre a mis en lumière la surpopulation de l’établissement. La Cour européenne des droits de l’homme juge qu’en dessous de trois mètres carrés disponibles par personne, hors sanitaire, il existe une forte présomption de violation de la Convention européenne interdisant les traitements inhumains ou dégradants. La promiscuité accentue le stress, l’anxiété et le sentiment d’insécurité. Les listes d’attente s’allongent pour le sport, l’école ou les ateliers. Ceux qui ne travaillent pas passent vingt-deux heures en cellule et deux heures par jour en promenade, dans des cours minérales équipées d’un agrès de musculation.

Le détenu rencontré, lui, emballe des compotes à l’atelier de 7h45 à 13h45 et se considère chanceux d’avoir une activité. La direction reconnaît que la surcharge complique la prise en charge. Les profils sont très différents et la répartition des cellules ressemble à des chaises musicales. Des échanges ont lieu avec la justice pour trouver des peines alternatives. Une députée demande si les personnes souffrant de troubles psychiatriques graves ne devraient pas être orientées vers des structures spécialisées. La réponse se heurte au manque de places en psychiatrie. Une psychiatre de la prison rappelle que la suspension de peine pour raisons psychiatriques existe mais qu’elle est très rarement appliquée et qu’il faut une solution en aval. Les pathologies psychiatriques et addictologiques sont surreprésentées derrière les murs.

La mort traverse aussi l’établissement. Vingt-deux personnes écrouées sont décédées entre janvier 2024 et février 2026, dont douze en détention ordinaire. Deux ont péri après l’incendie de leur cellule et sept se sont donné la mort. Un contrôle a relevé une banalisation de la mort en détention. Le détenu de la cellule propre dit avoir vu beaucoup de décès et souhaite rejoindre les codétenus de soutien, un dispositif lancé en 2019. Ces volontaires sont formés aux premiers secours pour épauler des détenus suicidaires. Pour l’instant, il affirme n’avoir jamais été rappelé.

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