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À Tel-Aviv, la rue réclame des comptes avant le vote
Des milliers de personnes ont défilé à Tel-Aviv pour réclamer une commission d’enquête sur les failles de sécurité liées à l’attaque du Hamas. À…

Des milliers de personnes ont défilé à Tel-Aviv pour réclamer une commission d’enquête sur les failles de sécurité liées à l’attaque du Hamas. À l’approche des législatives, ce rassemblement pèse sur le duel entre Benjamin Netanyahu et ses adversaires.
À Tel-Aviv, des milliers de personnes se sont rassemblées pour dire leur colère contre le gouvernement israélien. Le rendez-vous tombe à l’approche de législatives que beaucoup vivent comme un vote pour ou contre Benjamin Netanyahu. Le rassemblement est porté par un collectif né de l’attaque du Hamas, réunissant des victimes et des otages. Il demande une commission d’enquête sur les défaillances de sécurité qui ont rendu possible cette attaque, la plus lourde de l’histoire du pays.
La foule a convergé vers la place des Otages, devenue un point de ralliement pour les manifestations réclamant le retour des personnes enlevées. Jusqu’ici, l’exécutif de Benjamin Netanyahu a refusé de créer cette commission, malgré une demande portée par de nombreux Israéliens. Les principales figures de l’opposition en campagne ont, elles, promis de la mettre en place en cas de victoire. Plusieurs sont venues au rassemblement.
Gadi Eisenkot, principal rival centriste du premier ministre, a reçu un accueil chaleureux. L’ancien chef de l’armée a vivement critiqué la gestion de l’attaque et la conduite de la guerre à Gaza par Benjamin Netanyahu. Yaïr Lapid, Naftali Bennett, Avigdor Liberman et Yaïr Golan étaient aussi présents. Les organisateurs présentaient ce rassemblement comme l’aboutissement d’un long combat pour la vérité et la responsabilité. Ils craignaient des provocations de militants progouvernementaux. Un homme de 23 ans, soupçonné de s’en être pris à l’équipe de sécurité de Naftali Bennett, a été arrêté.
Les derniers sondages autorisés donnent une course serrée. Le bloc autour de Benjamin Netanyahu obtiendrait 50 sièges, celui de l’opposition mené par Gadi Eisenkot 52. Les deux camps restent loin des 61 sièges nécessaires pour gouverner. Gadi Eisenkot doit conclure sa campagne par un dernier événement. Naftali Bennett et Yaïr Lapid rencontrent des partisans à Tel-Aviv. Benjamin Netanyahu n’a rien annoncé.
Hadas Feuershtein, 68 ans, estime que les responsables ont fait un travail lamentable et que le pays n’a jamais connu pareille situation. Naama Bitterman, 18 ans, vote pour la première fois. Elle espère une victoire du camp anti-Netanyahu pour redresser l’image d’Israël à l’étranger, après une guerre dévastatrice à Gaza, un conflit avec l’Iran et le Hezbollah libanais, et des violences croissantes de colons contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Si le camp gagne, « on peut changer la façon dont le monde nous voit », espère-t-elle.
Sous l’impulsion du Royaume-Uni, plusieurs pays, dont la France, ont imposé des sanctions sur des produits venus des colonies israéliennes de Cisjordanie, illégales au regard du droit international. Ces mesures répondent à l’extension des colonies et à la multiplication des violences. Benjamin Netanyahu a suggéré qu’Israël pourrait devoir bâtir une économie alternative pour contourner des sanctions internationales, notamment bancaires. Ses adversaires s’en sont moqués. Gadi Eisenkot a raillé sur le réseau social X l’idée d’une déconnexion de l’économie mondiale, évoquant l’absence de shopping en ligne, d’investissements high-tech et de sécurité. Il a aussi détourné le surnom Bibi en bbcoin.
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