Politique
Bardella rempile et met le cap sur Matignon
Le patron du Rassemblement national a été reconduit à la tête de son parti ce week-end à Orléans, devant des milliers de militants venus croire à une…

Le patron du Rassemblement national a été reconduit à la tête de son parti ce week-end à Orléans, devant des milliers de militants venus croire à une victoire au printemps prochain. À quelques kilomètres de là, syndicats et responsables de gauche ont défilé pour dire non à l’extrême droite.
Seul candidat à sa succession, Jordan Bardella n’a pas vraiment eu à batailler. L’eurodéputé de 31 ans a été reconduit samedi à la présidence du Rassemblement national, premier parti d’opposition du pays, à l’occasion du 19e congrès de la formation réuni à Orléans. Arrivé aux commandes en 2022, il dirige une machine fondée en 1972 et désormais lancée dans la course à l’Élysée.
Devant plusieurs milliers de militants, il a envoyé un message limpide. « Pour conduire Marine à l’Élysée, j’aurai besoin de vous », a-t-il lancé, avant de se féliciter d’avoir multiplié par trois le nombre d’adhérents en quatre ans, jusqu’à 160 000. Il a aussi salué les 70 maires et 3 000 conseillers municipaux élus au printemps dernier. Le congrès se poursuit dimanche au Zénith, avec un discours du président du parti, puis une prise de parole de Marine Le Pen, candidate à la présidentielle. Si cette dernière l’emporte au printemps prochain, le nom de son jeune allié revient avec insistance pour Matignon, et les derniers sondages d’intentions de vote le placent en position de devenir Premier ministre.
Orléans s’est transformée le temps d’un week-end en miroir d’une France divisée. Dans la matinée, ils étaient 13 000 selon la préfecture à défiler à l’appel d’un collectif d’organisations syndicales, associatives et politiques. Le cortège s’est élancé du théâtre de la ville, loin du Zénith où le RN ouvrait son congrès à la mi-journée. Parmi les participants, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure ou encore le maire insoumis de Saint-Denis Bally Bagayoko, le tout sous haute protection policière. Les pancartes affichaient « Marianne, jamais Marine » ou « Le RN c’est la haine au service des ultra riches », et la foule a scandé « Macron démission, Le Pen en prison ». Une autre manifestation prévue dimanche a été interdite.
Chez les opposants, l’inquiétude domine. « La montée de l’extrême droite est une grande inquiétude », confie Benoît Réveillon, retraité orléanais de 63 ans, qui appelle à « éveiller les consciences » et à proposer « autre chose, pacifiquement ».
De l’autre côté de la Loire, la ville quasi déserte, aux vitrines souvent protégées, voyait affluer élus, adhérents et sympathisants du parti. Dans la salle, on a chanté La Marseillaise et applaudi les forces de l’ordre mobilisées partout en France. Samantha Giroux, 39 ans, drapeau français sur le dos, dit sa « peur pour ses trois enfants » qu’elle élève à Troyes. « Maintenant c’est des agressions pour une cigarette », déplore cette employée de cantine de lycée, avant de réclamer « la France aux Français ». Venue de l’Essonne, Isabelle Fillien, 59 ans, regrette « le bordel et l’insurrection partout », mais reste prudente sur une victoire du RN. « On a été déçus aux législatives. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours. »
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