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Brésil, Lula et Flavio Bolsonaro au bout d’un duel serré

Le second tour brésilien oppose le vétéran de gauche Lula au sénateur Flavio Bolsonaro, fils de Jair. Les sondages annoncent un écart minime, dans un pays…

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Brésil, Lula et Flavio Bolsonaro au bout d'un duel serré

Le second tour brésilien oppose le vétéran de gauche Lula au sénateur Flavio Bolsonaro, fils de Jair. Les sondages annoncent un écart minime, dans un pays profondément divisé.

Le second tour brésilien met face à face Luiz Inacio Lula da Silva et le sénateur Flavio Bolsonaro. Lula, qui fêtera ses 81 ans, livre sa dernière bataille électorale et brigue un quatrième mandat non consécutif. Au premier tour, il avait été devancé avec 45 % des voix contre 47 % pour Flavio Bolsonaro. Les dernières enquêtes donnent 51 % des intentions de vote au sénateur, contre 49 % au président sortant, un écart qui reste dans la marge d’erreur. Environ 160 millions d’électeurs doivent trancher.

Ce scrutin dira si le Brésil reste l’un des derniers bastions de gauche en Amérique latine ou s’il rejoint la vague de droite de la région. Le président américain n’a pas apporté de soutien explicite à Flavio Bolsonaro, fils de son allié Jair. L’ancien président d’extrême droite purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s’accrocher au pouvoir après sa réélection manquée en 2022. Flavio Bolsonaro, 45 ans, promet que son premier geste sera de le libérer. Il se présente comme plus modéré que son père, tout en revendiquant son héritage. L’ombre de Jair Bolsonaro reste incontournable et clivante.

Flavio Bolsonaro veut durcir la lutte contre la criminalité et tailler dans les dépenses publiques. Lula se pose en défenseur de la démocratie et en rempart contre les États-Unis et leurs pressions commerciales et diplomatiques. À gauche, « Plus jamais Bolsonaro » a été l’un des cris de ralliement de rassemblements massifs. Les manifestants ont rappelé la gestion chaotique de la pandémie de Covid par l’ancien président, la destruction de la forêt amazonienne et les coupes dans les programmes publics. « Ça suffit, il est temps de changer », a lancé Joao Paulo, 37 ans, lors d’un rassemblement bolsonariste à Belo Horizonte.

Sous Lula, le déboisement dans la plus grande forêt tropicale du monde a atteint son niveau le plus bas en quatre décennies. Mais El Niño a favorisé des incendies qui ont fait suffoquer des villes amazoniennes, et le changement climatique a à peine été abordé pendant la campagne. Durant le troisième mandat de Lula, le chômage a connu une baisse historique et l’inflation a été relativement maîtrisée. Les électeurs se plaignent pourtant du coût de la vie. Malgré des finances publiques dans le rouge, Lula a annoncé en pleine campagne une panoplie de mesures sociales parfois très coûteuses. L’héritage de ses programmes sociaux, qui ont sorti des millions de Brésiliens de la faim, reste majeur.

Walter dos Santos, 56 ans, habitant le Nord-Est, défend ces dispositifs. « Même si certains parlent d’aumône, pour nous, cela a été une aide énorme. Parce que quiconque a déjà souffert de la faim sait qu’il ne faut pas tenir ces programmes pour acquis », a-t-il déclaré. Le Nord-Est est un bastion et la région natale du président sortant.

Après le premier tour, Lula a revu en urgence sa stratégie sur les réseaux sociaux. Lui qui dédaignait le téléphone portable s’y est converti et s’est même proclamé « roi du selfie ». La bataille sur les plateformes a impliqué Meta, la maison mère de WhatsApp, Facebook et Instagram. L’entreprise a été accusée de favoriser Flavio Bolsonaro par une « manipulation algorithmique ». Elle a démenti, tout en reconnaissant des « problèmes techniques » au détriment de Lula.

Quel que soit le vainqueur, les années à venir ne s’annoncent pas calmes sur le plan politique. Après le raz-de-marée conservateur aux législatives, la gauche devra affronter un Congrès hostile et des menaces de destitution si elle gagne. En cas de victoire de l’extrême droite, un gouvernement de représailles contre la Cour suprême est redouté. Flavio Bolsonaro veut faire destituer le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qui a eu la charge du procès contre son père.

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