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En Grèce, des milliers de manifestants réclament une école publique qui tient debout

Plus de 10 000 personnes ont défilé à Athènes, Thessalonique et Patras pour dénoncer le coût de la vie et l’état du service public d’éducation. Banderoles…

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En Grèce, des milliers de manifestants réclament une école publique qui tient debout

Plus de 10 000 personnes ont défilé à Athènes, Thessalonique et Patras pour dénoncer le coût de la vie et l’état du service public d’éducation. Banderoles et slogans font ouvertement écho aux mobilisations françaises, une comparaison que l’exécutif grec préférerait éviter.

Les rues grecques ont retrouvé leur habituel ballet de banderoles et de mégaphones. À Athènes, quelque 5 000 personnes se sont massées en milieu de journée avant de converger vers la place Syntagma, face au Parlement. Thessalonique, dans le nord, en a réuni 3 000. Patras, à l’ouest, plus de 3 000 également. Lycéens, étudiants, enseignants et fonctionnaires y ont porté la même revendication. La vie coûte trop cher et l’école publique part à la dérive.

Le décor des salles de classe parle de lui-même. Le syndicat des professeurs du secondaire recense un manque de 15 000 enseignants dans le pays. Maria, employée quinquagénaire d’une mairie près d’Athènes, résume le sentiment général dans le cortège. « Le niveau de l’éducation est très bas, les écoles manquent de personnel et les bâtiments scolaires sont vétustes. » Dans la capitale, le lycéen Yannis Papanikolaou évoque des fenêtres cassées et des radiateurs hors service. Nikos Mavroudis, 17 ans, raconte des chutes d’enduit dans les toilettes de son établissement. L’alerte n’a rien de théorique. Un élève de 14 ans a été blessé récemment par la chute d’un morceau de plafond dans sa classe, à Thermi, près de Thessalonique. Et un grand lycée d’Athènes reste fermé depuis deux semaines après une fuite de gaz signalée. La Grèce a consacré 3,3 % de son PIB à l’éducation en 2023, contre 4,7 % en moyenne dans l’Union européenne.

Le pouvoir d’achat constitue l’autre moteur du mouvement. Malgré les revalorisations successives depuis la crise financière, le salaire minimum grec ne franchit pas la barre des 920 euros. Katia Koubousidou, présidente des étudiants en philosophie et pédagogie à l’université Aristote de Thessalonique, décrit des familles « qui se saignent au quotidien avec le coût de la vie actuel » et une situation « devenue insupportable en raison du coût écrasant des études ». La mobilisation ne compte pas s’arrêter là. La veille, des dizaines d’étudiants ont planté des tentes à Athènes et à Thessalonique, et la présidente étudiante annonce un plan pour poursuivre les protestations.

Le parallèle avec la France est revendiqué sans détour. À Thessalonique, des banderoles proclamaient « Grèce et France, partout la révolte, mêmes problèmes, même ennemi » ou encore « De la Grèce à la France, nous nous battons pour une éducation publique et gratuite ». « En Grèce comme en France, nous réclamons une éducation publique et gratuite », insiste Katia Koubousidou. Le jeune Athénien Yannis Papanikolaou se réjouit même des défilés français, convaincu qu’ils peuvent faire bouger les lignes ici. La confédération des fonctionnaires Adedy a rejoint les rassemblements et lancé un arrêt de travail dès le matin, en réclamant des hausses de salaires et un soutien substantiel aux enseignants. Philippos Armen, étudiant en physique à Thessalonique, y voit un point commun à beaucoup de pays européens, alors que des manifestants sont aussi descendus dans la rue en Albanie, le pays voisin.

Du côté de l’exécutif conservateur, on s’emploie surtout à éviter la comparaison avec les violences françaises. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce ne retournerait « jamais à l’époque de grande agitation sociale » de la crise financière, entre 2009 et 2018, marquée par une austérité très impopulaire et des protestations violentes. Le contexte économique reste pourtant tendu. La hausse des prix a atteint 5,1 % sur un an en septembre, l’un des niveaux les plus élevés de la zone euro, contre 3,8 % en moyenne.

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