Faits Divers
Plus d’un millier de vélos partagés volés ou détruits après les troubles à Paris
Les rassemblements du 17 octobre et les débordements qui les ont accompagnés ont touché de plein fouet les flottes de vélos partagés. Plus d’un millier…

Les rassemblements du 17 octobre et les débordements qui les ont accompagnés ont touché de plein fouet les flottes de vélos partagés. Plus d’un millier d’engins ont été volés ou détruits, à Paris comme dans plusieurs villes de région.
Dans la capitale, les opérateurs Lime, Dott, Voi et Vélib’ font rouler près de 40 000 vélos électriques en libre-service. Environ 5 % de cette offre a disparu dans les violences. Smovengo, qui gère le Vélib’ métropolitain, parle de dégradations importantes sur six stations, dont deux très abîmées, et de plus de trente bornettes d’accroche touchées. Près de 300 vélos de ce réseau ont été volés ou endommagés, notamment autour de République, Gare du Nord, Saint-Lazare, Bastille, Voltaire et Châtelet, des secteurs traversés par les cortèges et marqués par des heurts.
Chez Dott, le bilan provisoire est très élevé avec 300 vélos détruits à Paris et 120 fortement endommagés. La disponibilité de la flotte est passée de 94 % à 86 % en quelques jours. Le coût des dégâts atteint déjà environ 400 000 euros pour l’entreprise. Lime, l’un des plus grands opérateurs de la capitale, indique avoir perdu 6 % de sa flotte parisienne, soit près de 300 vélos. La compagnie suédoise Voi, présente à Paris depuis octobre 2025, estime la perte entre 300 et 400 vélos et chiffre ses pertes entre 900 000 et un million d’euros sur cette seule séquence. À l’échelle nationale, la facture approcherait 1,2 million d’euros.
Les dommages ne se limitent pas à Paris. Dott recense 80 trottinettes et vélos détruits à Bordeaux et 30 à 40 trottinettes perdues à Lyon. Voi évoque des saccages à Marseille, au Havre et à Grenoble, tout en consolidant ses données. À Bordeaux, des vélos Pony ont été vus en feu. L’entreprise affirme que seulement six de ses véhicules ont été touchés dans toute la Nouvelle-Aquitaine. Elle souligne aussi ne pas avoir d’assurance contre le vol et le vandalisme pour ses véhicules en libre-service. Voi tient le même discours et rappelle que chaque engin détruit est une perte sèche, ses assurances ne couvrant pas les violences urbaines ou les émeutes. Une couverture spécifique existe en théorie, mais son prix peut être élevé.
Face à de possibles nouveaux rassemblements à Paris, les opérateurs comptent appliquer le protocole déjà utilisé. Il consiste à libérer les zones de passage vingt-quatre heures avant, en vidant les emplacements ou en désactivant les vélos, sur recommandation de la préfecture de police. Aucun ne prévoit, à ce stade, de retirer toute sa flotte par précaution. Lime a mis en place une vaste zone interdite aux vélos allant de Châtelet à Gare du Nord, en passant par les Boulevards, République et Bastille, et se dit prête à adapter son dispositif. Chez Smovengo, le matériel abîmé a déjà été remplacé. Cinq cents vélos supplémentaires ont été injectés sur le réseau après les troubles, portant à 21 000 le nombre de vélos disponibles. L’enjeu est de maintenir la continuité du service public pour les 100 000 usagers quotidiens du Vélib’.
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