Société
Des collectes en ligne se multiplient pour les commerces saccagés
Des milliers de boutiques ont été dégradées ou vidées après les manifestations. Sur les réseaux sociaux, les appels aux dons affluent, avec parfois des…


Des milliers de boutiques ont été dégradées ou vidées après les manifestations. Sur les réseaux sociaux, les appels aux dons affluent, avec parfois des tentatives de fraude et des appels à la prudence.
Après les dégradations commises en marge de manifestations, la solidarité s’est organisée en ligne. Une créatrice de contenu a filmé une boutique de téléphonie parisienne réduite à un tas de cartons, de coques et de morceaux de plastique. Aux côtés du gérant, Hassan, elle a relayé une collecte qui approche les 95 000 euros, avec plus de 10 000 participations. La vidéo du commerçant, assis tête baissée devant son local dévasté, a largement circulé. Environ 3 000 commerces en France ont subi des dégâts et beaucoup ont été vidés.
Les plateformes de dons ont vu les initiatives se multiplier. L’une recensait 79 collectes pour des commerçants, pour plus de 185 000 euros. Une autre comptait une quinzaine de cagnottes à Paris et à Lyon, réunissant près de 10 000 euros. Les montants médians restent faibles, autour de 10 euros. Ce niveau de participation traduit un élan spontané de particuliers plutôt qu’un financement massif.
Tout n’est pas limpide. Plusieurs collectes ont été ouvertes sans l’accord des commerçants concernés. Le gérant d’un magasin de jeux vidéo à Nice, devenu un visage des boutiques attaquées après avoir défendu son local face aux pilleurs, a alerté sur une usurpation d’identité. Quelqu’un demandait de l’argent en son nom sur un réseau social. Les plateformes assurent renforcer les contrôles. Elles vérifient l’identité du bénéficiaire, l’existence du commerce et le lien entre l’organisateur et le commerçant. Les tentatives non conformes seraient bloquées avant tout versement.
D’autres commerçants ont choisi de lancer leur propre appel. À Lyon, une bijoutière explique, la voix tremblante, qu’elle dispose d’une assurance mais ne sait pas à quelle hauteur elle sera remboursée. Elle craint de ne pas pouvoir se relever et a donc ouvert une cagnotte. Dans le centre-ville, un réseau de plus de 200 commerçants a aussi lancé sa collecte, avec plus de 7 000 euros. Les fonds doivent être répartis selon des critères transparents, en tenant compte des dégâts, des besoins urgents de remise en état et de la fragilité économique des boutiques.
L’État a annoncé un fonds de soutien dédié. Les commerces touchés pourront accéder à des aides de trésorerie allant jusqu’à 50 000 euros à taux zéro. Le calendrier des charges fiscales et sociales doit être étalé et simplifié. La durée pour déclarer un sinistre est allongée. Le chômage partiel à 100 % est également prévu. Pour les commerçants, ces dispositifs et les collectes ne remplacent pas les assurances, mais ils donnent une première bouffée d’air face à des dégâts matériels considérables.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 5 joursLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles



Faits DiversEn Ligne 3 joursÀ Lille, la mairie forcée et l’Apple Store pillé



SociétéEn Ligne 6 joursLes lycées restent mobilisés et lorgnent vers les gilets jaunes



ÉconomieEn Ligne 7 joursDuralex, le tribunal tranche ce mercredi et 220 salariés retiennent leur souffle



SportsEn Ligne 7 joursOlise voit rouge, le Bayern se fait rattraper sur le fil



PolitiqueEn Ligne 6 joursAprès les plateaux télé, Natacha Polony se lance à l’assaut de l’Élysée



Faits DiversEn Ligne 3 joursLimoges regarde son hôtel de ville partir en fumée



MondeEn Ligne 7 joursUn agent nigérien blessé aux côtés de l’armée française expulsé de Paris, Niamey dénonce une ingratitude








