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À Erevan, la biodiversité attend des actes, pas des promesses

Près de 200 pays sont réunis en Arménie pour la COP17 sur la biodiversité. Le premier bilan des engagements pris pour protéger les écosystèmes est déjà…

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À Erevan, la biodiversité attend des actes, pas des promesses

Près de 200 pays sont réunis en Arménie pour la COP17 sur la biodiversité. Le premier bilan des engagements pris pour protéger les écosystèmes est déjà jugé très insuffisant.

À Erevan, la 17e conférence des parties sur la biodiversité rassemble près de 200 États et jusqu’à 15 000 participants. L’enjeu est simple à formuler et difficile à tenir. Il faut passer des discours aux actes pour freiner la déforestation, les pollutions et la surexploitation des ressources naturelles. Les extinctions d’espèces, la dégradation des forêts et des récifs coralliens, ainsi que l’aggravation des catastrophes naturelles rappellent l’urgence. Le cadre Kunming-Montréal, adopté lors d’une précédente COP, devait servir de boussole. Son premier bilan est sombre et presque tous les objectifs sont en retard.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a admis que l’effort collectif restait insuffisant. Il a demandé de transformer les engagements déjà pris en mesures concrètes. António Guterres, secrétaire général des Nations unies, a appelé à accélérer, à agir davantage et à faire preuve de plus de détermination. Il a aussi pointé les subventions aux énergies fossiles, estimées à 2 600 milliards de dollars par an, alors que l’accord prévoit de les réduire d’au moins 500 milliards par an d’ici la fin de la décennie. Pour lui, ces aides entretiennent un modèle destructeur pour la planète.

Le volet financier reste tout aussi bloquant. Les engagements d’aide des pays riches vers les pays en développement sont dans le rouge, et le déficit mondial de financement pour la biodiversité demeure massif. Le ministre chinois de l’Environnement Huang Runqiu a lui aussi relevé ce manque, tandis que les pays développés, Union européenne en tête, cherchent à faire contribuer davantage Pékin et les grandes économies émergentes. Ce débat se déroule dans un contexte budgétaire tendu, marqué par une baisse récente de l’aide publique au développement, et dans une crise profonde du multilatéralisme depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Les acteurs présents insistent sur une même idée. Le succès ne se mesurera pas à la beauté des déclarations, mais à la capacité de produire des progrès mesurables. Le président du WWF International, Adil Najam, a écarté le besoin d’une nouvelle vision et réclamé des actions concrètes. Hambardzum Matevosyan, président de la COP17 et ministre arménien de l’Environnement, lie le résultat de la conférence à sa capacité à transformer les engagements politiques en mesures effectives. Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN, voit un succès possible si des décisions concrètes accélèrent les 23 objectifs et si les financements avancent, notamment sur les subventions néfastes et sur les flux publics et privés.

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