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Après les plateaux télé, Natacha Polony se lance à l’assaut de l’Élysée

L’essayiste souverainiste ajoute son nom à la liste des prétendants à la présidentielle et affirme déjà rassembler des dizaines de milliers de…

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Après les plateaux télé, Natacha Polony se lance à l'assaut de l'Élysée

L’essayiste souverainiste ajoute son nom à la liste des prétendants à la présidentielle et affirme déjà rassembler des dizaines de milliers de sympathisants. Son fil rouge est simple, remettre la production et l’indépendance du pays au centre du jeu.

Natacha Polony veut désormais jouer sur le terrain qu’elle commentait. L’ancienne directrice de la rédaction de l’hebdomadaire Marianne a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, avec une ambition affichée, rassembler « les orphelins de la politique ». Celle qui est aussi essayiste et figure familière des débats télévisés revendique une ligne souverainiste assumée. Son objectif, rendre à la France un rang qu’elle estime perdu.

Concrètement, elle défend ce qu’elle appelle une « politique de production ». La priorité irait aux entreprises qui fabriquent sur le sol français. Un moyen, selon elle, de répondre à ce qu’elle décrit comme une perte totale de rang du pays sur les questions économiques, d’indépendance et de souveraineté.

Le projet ne sort pas de nulle part. Début septembre, elle avait déjà annoncé son entrée en politique et le lancement d’un mouvement destiné à « perturber l’entre-soi ». Six semaines plus tard, la voilà qui revendique 60 000 sympathisants. « J’ai parmi ces personnes des gens qui veulent se retrousser les manches et qui veulent redresser le pays », assure-t-elle. Reste une étape délicate pour n’importe quel candidat, décrocher les 500 signatures de maires exigées pour concourir. Sur ce point, elle affirme avoir reçu de nombreux témoignages de sympathie de la part d’élus.

Son parcours politique n’a rien d’un coup d’essai. Agrégée de lettres modernes, brièvement enseignante, elle s’est engagée aux côtés de Jean-Pierre Chevènement jusqu’à se présenter aux élections législatives à Paris en 2002. Elle y avait réuni 2,24 % des suffrages exprimés.

Parfois taxée de réactionnaire, elle revendique une ligne souverainiste et une laïcité offensive. En 2021, elle se décrivait comme « franchement de gauche, d’une gauche qui n’a pas abandonné l’idée du socialisme ». Le grand public l’a surtout découverte comme bretteuse dans une émission de débat à forte audience entre 2011 et 2014, avant qu’elle ne devienne une habituée des plateaux. Elle a également signé plusieurs essais, dont dès 2007 un livre proposant quinze mesures pour sauver l’école, et plus récemment « La France corps et âme ».

En 2018, elle avait pris la tête de la rédaction de Marianne, peu après son rachat par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Sa ligne éditoriale, souverainiste, laïque offensive, antilibérale en économie et critique envers les élites, a fini par déplaire au propriétaire, qui l’a remplacée fin 2024. Sa carrière de journaliste avait démarré à la rubrique éducation de cet hebdomadaire entre 2002 et 2009, avant un passage dans un grand quotidien national. Très engagée sur les questions éducatives et sociétales, elle a fondé en 2015 son propre laboratoire d’idées, le Comité Orwell, puis lancé en 2017 une web télé un temps baptisée « Polony TV ».

Sa trajectoire compte aussi des épisodes contestés. En 2013, elle avait tweeté une phrase sur le retour en France d’une jeune Rom pour la Fashion Week, sous la photo d’une femme mendiant devant une station de métro. Elle parlera plus tard d’« un trait d’humour pas très drôle ». En 2018, ses propos sur le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, résumés par la formule « des salauds face à d’autres salauds », lui ont valu des plaintes d’associations pour contestation de génocide. La cour d’appel de Paris l’a relaxée en 2023.

Née le 15 avril 1975 de parents médecins, qui l’ont prénommée par passion pour Tolstoï, elle a grandi dans le Val-d’Oise. Mariée depuis 2007 au chroniqueur gastronomique Périco Légasse, elle est mère de trois enfants. Son mari a été élu en 2021 conseiller régional en Centre-Val de Loire, sur la liste du MoDem menée par Marc Fesneau, un proche de François Bayrou.

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