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Dix mois avec sursis requis contre Rima Hassan pour un message sur X

Le parquet de Paris a demandé dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre l’eurodéputée insoumise, poursuivie pour avoir relayé une…

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Dix mois avec sursis requis contre Rima Hassan pour un message sur X

Le parquet de Paris a demandé dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre l’eurodéputée insoumise, poursuivie pour avoir relayé une citation attribuée à l’un des auteurs de l’attentat de Tel-Aviv en 1972. La décision est attendue le 30 novembre.

Devant le tribunal correctionnel, Rima Hassan a vu le ministère public réclamer contre elle dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité. En cause, un post publié sur X puis supprimé, où l’élue La France insoumise reprenait une phrase attribuée à Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat qui avait tué 26 personnes à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972. Le message, consulté plus de 252 000 fois en dix-huit heures, célébrait une jeunesse vouée à la cause palestinienne et faisait de la résistance un devoir tant que durerait l’oppression.

Pour les magistrats, le texte s’apparente à un hommage. Pas de critique, pas de distance, juste une « vision héroïsée » d’un homme qui demeure, à leurs yeux, un tueur. Le parquet a tenu à borner le procès, soulignant qu’il ne jugeait pas le conflit israélo-palestinien et que cette cause ne pouvait servir de « totem d’immunité ». Rima Hassan, elle, a dénoncé une tentative d’intimidation et une manière de faire taire une élue de l’opposition, avant de garder le silence à l’audience. Elle a aussi fustigé des fuites survenues pendant sa garde à vue autour d’une prétendue possession de drogue de synthèse, qui s’est révélée sans fondement.

La réaction politique n’a pas tardé. Jean-Luc Mélenchon a pris X à témoin, affirmant que le camp présidentiel sombrait « dans la honte » et pliait devant les exigences de Benjamin Netanyahu. Dans la salle, les débats se sont crispés. L’avocate de l’association Contre la haine, l’antisémitisme, le racisme a questionné un magistrat spécialiste du droit international sur la démographie gazaouie, évoquant une progression de 40 000 habitants entre 2022 et 2025. Rima Hassan a vivement réagi, parlant d’« indécence » et de « propagande négationniste israélienne ».

L’expert cité par la défense a reconnu l’illégalité des attaques du 7-Octobre, tout en estimant que le droit international accorde au peuple palestinien un droit à la résistance armée sur un territoire occupé et colonisé. Du côté des parties civiles, on a martelé le pouvoir des mots, capables de bâtir comme de détruire et d’ouvrir la voie à l’action. Yves Klejman, dont la mère a réchappé de l’attentat de 1972 avec le corps criblé d’éclats de grenade, s’est demandé comment celle qui les représente pouvait défendre le terrorisme. L’ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique Alain Gresh a invoqué la méprise, rappelant qu’il avait lui-même partagé des contenus sans en vérifier l’origine et que les réseaux sociaux poussent à la vitesse. Il a jugé regrettable qu’une telle erreur encombre une justice déjà saturée. La défense a plaidé la relaxe. À la sortie, une petite foule de jeunes, keffieh sur les épaules, s’est massée autour de l’élue, entre félicitations et selfies.

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