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La 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles

Citroën ressuscite sa mythique 2CV, cette fois en électrique, pour une mise en vente prévue en 2028 à moins de 15 000 euros. Dans son berceau auvergnat…

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La 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles

Citroën ressuscite sa mythique 2CV, cette fois en électrique, pour une mise en vente prévue en 2028 à moins de 15 000 euros. Dans son berceau auvergnat, les collectionneurs saluent son style mais s’interrogent sur son autonomie.

L’annonce remonte au printemps. Citroën relance sa 2CV, disparue des chaînes en 1990, en la déclinant en version électrique. Un prototype est visible au Mondial de l’Auto à Paris jusqu’à dimanche. Pour rouler avec, il faudra toutefois patienter jusqu’en 2028, pour un prix annoncé sous la barre des 15 000 euros. De quoi remuer le petit monde des amoureux de la « deudeuche ».

A Lempdes, en périphérie de Clermont-Ferrand, on suit l’affaire de près. André Parois, 77 ans, collectionneur, fait défiler des images du prototype rouge sur son téléphone. Les petites ailes arrondies lui rappellent l’originale, et la silhouette tranche nettement avec « la plupart des autres voitures modernes », glisse-t-il. Le retraité n’est pas un novice. Il a travaillé dès 14 ans dans le garage Citroën de son père et a entièrement rénové la voiture familiale d’époque.

La commune de 8 500 habitants cultive depuis des décennies la mémoire du modèle, dont un exemplaire est fièrement exhibé à l’entrée de la ville. Pierre-Jules Boulanger y a vécu, lui qui fut d’abord ingénieur chez Michelin avant d’inventer la « deudeuche » en 1939 et de prendre la direction de Citroën. La légende raconte qu’il aurait imaginé cette très petite voiture en arpentant le marché local, avec une idée en tête, transporter « une douzaine d’oeufs sans les casser au travers d’un champ labouré ». Le prototype reprend le clin d’oeil, avec un vide-poche dans les portières pour y loger des oeufs. Le maire, Joël-Michel Derré, y voit « un plus » inscrit « dans le patrimoine de la commune », et parle d’une « ferveur intacte à ce jour ».

Du côté des passionnés, l’accueil reste contrasté. Jacques Desvignes, 69 ans, responsable de l’antenne régionale du Club des amis de la 2CV, apprécie le dessin. Poignées, capot strié, deux phares, forme bombée, il retrouve selon lui « les critères et les concepts » de la 2CV. Dans son garage de Thiers, il range méticuleusement des centaines de miniatures. Mais il le reconnaît, « les avis des deuchistes sont partagés ». Certains adorent et y voient une belle voiture fidèle à l’esprit d’origine. D’autres tiquent sur la motorisation électrique, jugée éloignée de l’âme de la première.

Lui se dit tenté et « prêt à franchir le pas ». André Parois, en revanche, garde une réserve. Il pointe « le problème des voitures électriques », à savoir l’autonomie. « Si ça me permet de faire 400 kilomètres, c’est pas mal, si c’est pour en faire 200 et rester en ville, c’est moins intéressant », résume-t-il. Il juge malgré tout le nouveau modèle « sympa » et espère qu’il « va trouver un bon accueil auprès du public ». Pour lui, faire évoluer la 2CV « sans dénaturer le modèle d’origine » est une bonne chose, même si rien ne remplacera la voiture telle que les puristes la connaissent.

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