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Les lycées rouvrent, la grogne des élèves ne retombe pas

Le gouvernement promet l’arrivée rapide de 3.000 professeurs remplaçants et se réjouit d’une décrue des blocages. Les lycéens, eux, assurent qu’ils…

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Les lycées rouvrent, la grogne des élèves ne retombe pas

Le gouvernement promet l’arrivée rapide de 3.000 professeurs remplaçants et se réjouit d’une décrue des blocages. Les lycéens, eux, assurent qu’ils gardent des forces pour la suite.

Le calme revient peu à peu dans les établissements. Selon le ministère de l’Éducation, plus de 96% des lycées accueillaient de nouveau leurs élèves, et ils sont encore 141 à rester portes closes sur les 3.700 que compte le pays, un chiffre en baisse par rapport au relevé précédent. Une amélioration que l’exécutif savoure, évoquant une « nette décélération » ressentie depuis plusieurs jours. Les blocages qui subsistent se concentrent en région parisienne, dans le nord et le grand ouest du pays, ainsi qu’aux abords de Lyon. Pour les autorités, cette carte éparse trahit soit une politisation locale, soit un problème propre à certains territoires.

Côté réponses, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a fait le déplacement dans un lycée de Cachan, en région parisienne, pour préciser son annonce. Trois mille professeurs remplaçants vont être envoyés là où la situation est la plus tendue. Ils sont contactés un par un et des contractuels sont en cours de recrutement. Il s’agira essentiellement de titulaires sur zone de remplacement, a précisé Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, balayant l’idée d’un « bricolage ». Le coût des dégâts provoqués en marge des rassemblements et des blocages est estimé à au moins 30 millions d’euros.

Ces promesses suffisent-elles ? Rien n’est moins sûr. Devant leur lycée, des élèves affirment rester mobilisés. Alice, en terminale à Marseille, voit dans les annonces du ministre « un premier pas » qui ne règle rien. Sa camarade Justine se dit « super motivée pour continuer ». À Toulouse, un élève de première annonce la couleur. Les jeunes gardent des forces pour la semaine prochaine et comptent rebloquer après une pause. À Lunel, dans l’Hérault, un départ de feu près d’un lycée a même contraint à évacuer l’établissement. Et après d’autres grandes écoles, l’École nationale des chartes s’est retrouvée bloquée à son tour, des étudiants entassés dans les locaux.

Du côté syndical, la réponse du gouvernement passe mal. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, juge la « première réponse » sur les remplaçants « largement en deçà de ce qui est attendu ». Elle s’alarme aussi du sort des jeunes interpellés, qu’elle qualifie d' »inédit ». Plus de 6.800 personnes, dont 86% de mineurs, ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement, et 21 ont été écrouées. Pour la responsable, ces chiffres doivent pousser le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre à s’interroger sur la manière dont les consignes sont transmises et appliquées.

À l’international, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme dit suivre avec « inquiétude » les incidents liés aux manifestations. Sur le terrain politique, l’exécutif assure que la parole des lycéens sera entendue. Une plateforme de concertation a recueilli plus de 60.000 contributions, et une première synthèse montre que l’organisation du temps scolaire arrive en tête, citée dans 70% des messages. Loin devant les revendications sur Parcoursup ou le remplacement des professeurs. Des amendements au projet de budget doivent traduire ces remontées.

Les organisations lycéennes affichent des positions contrastées. Pour l’organisation Lycéens!, les annonces sur la démocratie scolaire sont « satisfaisantes », mais « absolument pas » le reste. L’Union syndicale lycéenne dénonce « quelques miettes » et réclame la suppression pure et simple de Parcoursup. Renouveau lycéen, proche de Renaissance, salue au contraire des avancées, dont la fin du lycée d’origine dans les candidatures. Les ministres doivent recevoir à nouveau les organisations pour plancher sur la transparence de la plateforme et les capacités d’accueil. Le mouvement a aussi reçu un soutien de poids, celui de la star du basket Victor Wembanyama, « content que les lycéens et les jeunes en général se fassent entendre ».

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