Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Le cuivre chilien patine et fait grimper les prix aux quatre coins du monde

Les mines du Chili vieillissent et le pays a signé en août sa plus faible production mensuelle depuis quinze ans. Sur un marché mondial déjà sous tension…

Article

le

Le cuivre chilien patine et fait grimper les prix aux quatre coins du monde

Les mines du Chili vieillissent et le pays a signé en août sa plus faible production mensuelle depuis quinze ans. Sur un marché mondial déjà sous tension, ce coup de frein se traduit par des cours records.

Le cuivre est devenu l’un des métaux les plus convoités de la planète. On en trouve dans les panneaux solaires, les éoliennes, les barrages, et surtout dans les centres de données qui font tourner l’intelligence artificielle. Sauf que le Chili, qui assure près d’un quart de la production mondiale, n’arrive plus à tenir la cadence. En août, le pays a enregistré son plus faible volume mensuel depuis quinze ans.

La raison tient d’abord à l’âge des gisements. Après des décennies d’exploitation, les zones les plus riches s’épuisent, et les compagnies doivent traiter toujours plus de roche pour sortir la même quantité de métal. « Il faut investir davantage, consacrer beaucoup plus d’efforts à la maintenance, ce qui implique aussi des exigences techniques accrues », résume Juan Carlos Guajardo, fondateur du cabinet de conseil Plusmining. Les grands chantiers d’agrandissement et de modernisation lancés pour enrayer la glissade ont, eux, pris du retard, dérapé sur les coûts ou buté sur des obstacles techniques.

S’ajoutent des aléas. Les fortes pluies attribuées au phénomène climatique El Niño ont perturbé l’activité minière dans le nord et le centre du pays en juillet et en août. Et l’accident survenu en juillet 2025 à El Teniente, qui a coûté la vie à six personnes, a désorganisé pendant des mois ce site du groupe public Codelco, deuxième producteur mondial.

Sur les marchés, ce trou d’air se paie cher. Le prix du métal rouge a bondi de plus de 16 % depuis le début de l’année et tutoie des sommets. La demande, elle, ne faiblit pas, portée par les installations renouvelables et par l’appétit des centres de données. Les projections internationales évoquent une offre mondiale inférieure de 25 % à la demande d’ici 2035.

Le Chili reste le premier producteur de la planète, mais son poids fond. Il représentait 34 % de la production mondiale en 2010, contre environ 23 % aujourd’hui. Ce qui inquiète Juan Carlos Guajardo, c’est l’absence de « projets majeurs d’augmentation de sa production en perspective ». « Cela signifie que le reste du monde devra redoubler d’efforts », prévient-il. L’effet se répercute aussi sur les finances du pays, puisque le ministre des Finances Jorge Quiroz a estimé que ce recul « ampute le PIB d’au moins un point » en 2026.

Pour inverser la tendance, il n’existe pas de remède miracle. Les spécialistes s’accordent sur un préalable, relancer les grandes mines et débloquer les projets d’agrandissement en souffrance. Viendra ensuite le temps des nouveaux gisements. Guajardo insiste, cela ne se réglera pas avec un simple ajustement de la réglementation mais exigera un effort systématique, le pays ayant trop longtemps repoussé ses investissements dans l’exploration. Nicolas Muñoz, analyste chez CRU Group, ajoute deux conditions, accélérer la délivrance des permis et améliorer les infrastructures pour attirer les capitaux. Les prévisions dessinent un timide redressement, avec environ 5,5 millions de tonnes en 2027 contre 5,27 millions attendues cette année, et près de 6 millions en 2030 si de nouveaux gisements entrent en service.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus