Monde
Macron s’offre un aller-retour express à Riyad pour sécuriser du diesel
Emmanuel Macron a passé moins de trois heures en Arabie saoudite, une étape non annoncée pour obtenir des garanties sur le diesel et afficher son soutien…

Emmanuel Macron a passé moins de trois heures en Arabie saoudite, une étape non annoncée pour obtenir des garanties sur le diesel et afficher son soutien à Riyad. Ce déplacement clôt une tournée dans le Golfe vivement contestée en France.
Le chef de l’État français a posé le pied à Riyad en milieu de semaine, sans que le voyage ait été rendu public avant son arrivée. Le secret avait été gardé jusqu’au dernier moment pour des raisons de sécurité. Il devient le premier chef d’État occidental à venir dans le royaume depuis le durcissement des frappes houthies. Il est reparti moins de trois heures plus tard, après un entretien d’une heure avec Mohammed ben Salmane, le prince héritier qui dirige de fait le pays. Les deux hommes s’étaient déjà vus à Paris fin août. Sur les photos de la rencontre, ils apparaissent côte à côte dans un palais de la capitale saoudienne.
Ce passage surprise constitue la dernière étape d’une virée entamée en début de semaine par le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar. Elle a été très critiquée en France après les violences du week-end en marge de manifestations contre la vie chère. Emmanuel Macron défend pourtant son choix. À Doha, il a insisté sur son rôle et sur le refus de laisser planer une fébrilité au sommet de l’État, alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est annoncée pour ce week-end. Son objectif affiché reste de sécuriser du diesel et du gaz dans le Golfe pour faire baisser la pression sur les prix à la pompe, l’une des causes de la colère sociale.
De Riyad, il repart avec une promesse saoudienne. Les autorités du royaume s’engagent à prolonger aussi longtemps que nécessaire les volumes supplémentaires de diesel déjà annoncés, soit 95 000 tonnes pour octobre et novembre. La France a également sécurisé 200 000 tonnes de diesel en provenance des Émirats et de Bahreïn. Mis bout à bout, ces volumes représentent plus de 10 % de la consommation mensuelle du pays.
La visite envoie aussi un message politique. Emmanuel Macron est le premier chef d’État étranger à se rendre dans la capitale saoudienne depuis la suspension des vols à l’aéroport de Riyad après une attaque meurtrière. La France veut marquer sa solidarité avec le royaume face aux frappes contre son territoire. Les Houthis pro-iraniens ont multiplié ces dernières semaines les attaques contre des aéroports et des installations énergétiques. Avant le président français, seul le président syrien Ahmed al-Chareh était venu à Riyad, puis le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi plus tard dans le mois. Plusieurs rendez-vous internationaux ont été annulés à cause de la tension sécuritaire. Peu avant cette visite, les forces saoudiennes ont encore annoncé avoir intercepté un missile balistique visant Riyad et un drone, après une alerte à la population.
Ce contexte s’inscrit dans la reprise en juillet de la guerre au Yémen, qui oppose depuis 2014 les Houthis aux forces gouvernementales soutenues par Riyad. Face aux attaques, Emmanuel Macron a annoncé le déploiement de soldats, de radars et de systèmes de défense français pour protéger le port de Yanbu, un maillon stratégique du réseau énergétique saoudien. Il a présenté cette opération comme purement défensive, destinée à calmer les marchés pétroliers, et a démenti toute volonté de s’engager dans le conflit. Lors de cette escale, il a répété que la France se tenait aux côtés de la sécurité et de la défense de l’Arabie saoudite, précisant que des effectifs et des capacités sont déployés depuis huit jours. Riyad a fait part de sa satisfaction et des consultations doivent se tenir prochainement sur un élargissement possible de la coopération. Les appels au soutien adressés à Washington sont restés sans réponse pour l’instant, tandis que le Royaume-Uni a annoncé récemment l’envoi d’avions de combat pour des missions défensives. Plus tôt, les combattants pro-iraniens ont aussi progressé sur la côte yéménite de la mer Rouge, se rapprochant du détroit de Bab el-Mandeb, passage clé entre l’Europe et l’Asie. Pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, la mer Rouge est devenue une voie d’exportation essentielle depuis le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran, de l’autre côté de la péninsule arabique.
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