Politique
David Lisnard, la percée qui prend la droite de court
Loin d’être un habitué des sondages, le maire de Cannes vient de devancer Bruno Retailleau dans les intentions de vote. Une remontée portée par une forte…


Loin d’être un habitué des sondages, le maire de Cannes vient de devancer Bruno Retailleau dans les intentions de vote. Une remontée portée par une forte poussée sur les réseaux sociaux, qui laisse ses rivaux de droite sur leurs gardes.
Il n’était pas attendu là. Le maire de Cannes franchit pour la première fois un cap symbolique en passant devant Bruno Retailleau dans un sondage d’intentions de vote. Six pour cent contre cinq pour le sénateur, un écart mince mais lourd de sens pour celui qui a quitté Les Républicains au printemps afin de se lancer seul dans la course à l’Elysée.
Sa vraie force, ces dernières semaines, se joue sur les écrans. En quatorze jours, David Lisnard a gagné plus de 126 000 abonnés sur Instagram, grimpant jusqu’à 403 000, et près de 39 000 sur TikTok, où il a doublé son audience. Sur cette même période, aucun autre prétendant à la présidentielle ne fait aussi bien. Son rival à droite, Edouard Philippe, n’a engrangé que 2 000 abonnés. Attention toutefois, l’identité réelle des comptes derrière ces chiffres reste impossible à vérifier.
Reste que le phénomène dépasse les simples statistiques. Une petite phrase circule partout, reprise en boucle jusqu’à devenir un mème, parfois moqueur, ce qui n’a fait que nourrir sa visibilité. Ce sont ses soutiens les plus actifs qui ont allumé la mèche, jurant que tout le monde leur avait parlé du maire de Cannes pendant l’été ou autour d’un dîner. Un sondeur résume la situation en parlant d’un petit quelque chose bien réel, sans trancher entre un coup de ferveur passager et une véritable installation dans le paysage.
D’autres signaux alimentent l’enthousiasme de son camp. Sur une plateforme de paris en ligne, où l’on mise en cryptomonnaies, il est crédité de 13 % de chances de victoire, même si ce type de site est interdit en France. Un récent baromètre lui offre par ailleurs 16 % de personnes satisfaites à l’idée de le voir accéder à l’Elysée, quatre points de mieux en un mois. Il talonne ainsi Bruno Retailleau et Gabriel Attal, bloqués à 17 %, mais reste distancé par Edouard Philippe à 20 %, et très loin de Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui culminent à 32 % et 33 %.
Depuis le début de l’année, son équipe a mis en place un plan simple, réseaux sociaux et terrain. Le parti revendique 55 000 adhérents, avec 2 000 nouvelles recrues chaque jour selon ses propres comptes. Lui préfère pointer un entre-soi parisien, un milieu refermé sur lui-même, pour expliquer sa longue absence des enquêtes d’opinion. Sur le terrain, il s’efforce de prouver qu’il n’est plus un inconnu, rassemblant un millier de personnes en Alsace à la fin septembre, ou apparaissant mieux entouré que certains de ses concurrents sur une grande foire régionale.
Chez Les Républicains, on garde un discours rassurant. Les chemins finiront par se rejoindre, veut croire Bruno Retailleau, persuadé que son ancien camarade reviendra au bercail. Mais en coulisses, un responsable lâche une confidence plus crue, évoquant une véritable épine dans le pied. À droite, personne n’ignore qu’il suffit parfois de peu pour qu’un outsider rebatte les cartes.
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