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106 milliards de recettes promis par les Insoumis, les économistes restent sceptiques

Pour financer 82 milliards de dépenses nouvelles, La France Insoumise parie sur une fiscalité musclée visant les plus riches et les grandes entreprises.…

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106 milliards de recettes promis par les Insoumis, les économistes restent sceptiques

Pour financer 82 milliards de dépenses nouvelles, La France Insoumise parie sur une fiscalité musclée visant les plus riches et les grandes entreprises. Un scénario que plusieurs économistes jugent trop optimiste, compte tenu de l’insertion de la France dans une économie ouverte.

Jean-Luc Mélenchon et son parti veulent tourner la page du système économique et financier actuel. Leur cap, une politique de la demande censée enclencher ce qu’ils appellent un cercle vertueux de la relance écologique et sociale. Dans les chiffres, cela se traduit par 82 milliards d’euros de dépenses supplémentaires dès l’an prochain, financées par 106 milliards de recettes nouvelles. Un déséquilibre assumé, puisque les entrées d’argent dépasseraient les sorties.

D’où viendrait cet argent. D’abord des hauts patrimoines et des grosses entreprises. Le rétablissement d’un impôt sur la fortune renforcé rapporterait 10 milliards d’euros, la suppression de la flat tax sur les revenus du capital 9 milliards, et une taxe sur les patrimoines dépassant 100 millions d’euros 15 milliards. S’y ajoutent un relèvement de la taxe sur les géants du numérique, de 3 à 15 %, une taxation des héritages pour 20 milliards et l’élagage de plusieurs niches fiscales, dont le pacte Dutreil sur la transmission d’entreprises. Un député du parti a défendu des recettes raisonnables et crédibles.

En face, les dépenses annoncées touchent directement le quotidien. Fin de la réforme des retraites, Smic porté à 1 700 euros nets, garantie d’autonomie de 1 337 euros par mois pour les jeunes, revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, embauches d’enseignants et de soignants. Autant de mesures qui pèseraient lourd sur les finances publiques.

Du côté des économistes, la prudence domine. Le plan paraît trop vague, sans véritable trajectoire budgétaire ni hypothèses macroéconomiques claires. Il ferait aussi comme si les effets sur l’inflation et l’activité n’existaient pas. Le cœur du problème, c’est l’ampleur du choc fiscal visant les acteurs les plus mobiles, grandes entreprises et grandes fortunes. Or la France évolue dans la zone euro, un espace où les capitaux circulent librement. Résultat, les sommes espérées pourraient fondre, car les contribuables concernés réagiraient en déplaçant leurs avoirs. Les 100 milliards ne seraient alors plus vraiment 100 milliards.

Le parti propose aussi que la Banque centrale européenne gèle ou annule la part de dette française qu’elle détient. Une idée qui suppose de convaincre les partenaires européens, ce qui n’est pas gagné. Cela reviendrait à réformer en profondeur les institutions européennes. Et face à une rupture aussi nette avec l’économie actuelle, une réaction des marchés reste plausible.

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