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Des coraux blanchis reprennent vie au contact de voisins en bonne santé

Des chercheurs américains ont montré qu’un corail affaibli peut se rétablir s’il touche longuement un corail vigoureux. La méthode, testée en laboratoire…

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Des coraux blanchis reprennent vie au contact de voisins en bonne santé

Des chercheurs américains ont montré qu’un corail affaibli peut se rétablir s’il touche longuement un corail vigoureux. La méthode, testée en laboratoire, bute encore sur de sérieux obstacles avant d’être imaginée en pleine mer.

Les eaux qui chauffent font des récifs coralliens l’une des cibles les plus touchées du dérèglement climatique. Ces écosystèmes servent pourtant de remparts contre l’érosion du littoral et abritent une part immense de la biodiversité marine. Pour tenter de les sauver, la recherche mise aujourd’hui sur des pépinières artificielles ou sur la sélection d’espèces capables de supporter des températures élevées. Les coraux déjà blanchis, eux, étaient presque abandonnés par les scientifiques, jugés condamnés par un taux de mortalité trop important.

Comprendre le phénomène demande de plonger sous la surface. Un corail vit en association étroite avec des algues microscopiques qui lui fournissent ses nutriments et ses couleurs. Quand l’eau devient trop chaude, ces algues libèrent des substances toxiques et le corail les expulse. Privé de son carburant, il perd sa capacité à se nourrir et blanchit.

La parade imaginée par l’équipe consiste à transférer des algues saines vers les coraux dépigmentés. Les essais menés sur des coraux chou-fleur ont donné des résultats frappants. Après cinq jours de contact entre un spécimen vigoureux et un spécimen en train de blanchir, ce dernier a entamé une nette guérison.

Deux observations ont mis ces chercheurs sur la piste. La première venait d’une étude montrant que les déchets plastiques pouvaient transmettre aux coraux des agents pathogènes. D’où la question inverse. Et si l’on pouvait faire circuler des éléments bénéfiques ? La seconde doit beaucoup au hasard. Un membre de l’équipe a remarqué que deux coraux, l’un sain et l’autre malade, s’étaient renversés et se touchaient, et que celui qui souffrait commençait à se rétablir.

Les chercheurs ont suivi le mécanisme au microscope. Au bout d’un à deux jours de contact, les tissus des deux coraux fusionnent et forment un pont par lequel passent les nutriments. Trois jours suffisent pour amorcer la récupération, cinq pour un rétablissement complet. Les limites, elles, sont vite apparues. Il faut un contact direct, quelques millimètres d’écart bloquant tout. Et le phénomène ne se produit qu’entre coraux partageant le même patrimoine génétique. Entre individus étrangers, les cellules urticantes se déclenchent, un peu comme un rejet de greffe chez l’humain.

Reste l’étape la plus délicate, passer du laboratoire au récif. Coller des coraux les uns aux autres en pleine mer semble peu réaliste. Une autre voie se dessine. Extraire les algues qui vivent avec les coraux, cultiver les plus saines, puis les réintroduire sur les coraux blanchis. Bonne nouvelle, cette piste contourne aussi le problème génétique, puisque la contrainte ne concerne que les coraux et pas les algues.

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